Changer cordes

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le voisinage, vient de donner des ordres pour la
faire arrUer: et au moment où Henrique dit:
« Non »! et refuse de signer son contrat de mariage
avec Diana, Catarina, entr'ouvrant la porte du
cabinet, serre la main de son héros en lui disant:
« Au revoir! c'est bien ! » descend dans la cour
du château et s'élance dans la voiture du ministre,
que celui-ci galamment avait fait mettre à sa dis-
position pour la conduire à Madrid. Changer cordes
Au troisième acte, nous sommes à Lisbonne, on
va couronner la jeune reine de Portugal; la loi
veut qu'en montant sur son trône elle choisisse
un époux. Le ministre espagnol, chargé d'in-
fluencer Sa Majesté en faveur d'un prince d'Es-
pagne, vient d'arriver, et son neveu, et Diana, et
don Sébastien avec lui. Les voilà tous dans l'anti-
chambre royale, où ils rencontrent, sous les habits
d'un grand seigneur, notre vieille connaissance
Rebolledo. A leur grande stupéfaction, lui seul est
reçu par la reine ; tous les autres solliciteurs sont
congédiés. Restés en tète à tête, la reine et le
bandit se disent des choses curieuses, dont voici
le résumé. Sur le point d'arriver au trône, la
princesse de Portugal était en proie à une de ces
poignantes inquiétudes, à un de ces chagrins con-
centrés, à cette tristesse colère et amère que les
poètes et les artistes connaissent mieux que per-
sonne, beaucoup mieux surtout que les princes,
quels qu'ils soient. En cet état de l'âme et du coeur,
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et pour échapper aux angoisses cruelles qui le
causent, quelques-uns transigent avec leurs con-
victions, avec leurs sympathies les plus chères,
leur dignité personnelle, leur foi, leur espérance,
leur amour éternel ; d'autres, se raidissant contre
le désespoir, demeurent fidèles à tout ce qu'ils
aiment et respectent, laissent passer la vague
ennemie, retiennent leur haleine pour subir
encore celle qui doit lui succéder, et finissent,
comme Robinson, par être jetés meurtris et à
demi morts sur quelque île verdoyante, dont plus
tard ils deviendront propriétaires, gouverneurs,
maîtres absolus, à moins que la respiration leur
manquant, l'onde amère ne les étouffe avant la fin
de l'épreuve, ce qui arrive quelquefois.
Eh bien ! notre princesse portugaise appartient
à la classe des poètes qui font des vaudevilles, des
grands musiciens qui écrivent des contredanses,
des grands peintres, des grands statuaires qui basse
barbouillent des enseignes de cabaret et modèlent
des pendules; elle a le malheur de n'avoir pas le
sou. Pas d'argent! pas d'argent! C'est triste, sur-
tout un jour de couronnement. Comment faire?
Il faut pourtant vivre, même quand on est reine,
et vivre splendidement. Voilà donc notre prin-
cesse, au lieu de faire du stoïcisme, ou de mon-
trer sa misère en empruntant, qui se résigne et
immole sans scrupule tous ses préjugés Je tète
royale. Elle connaît Rebolle.do et sa troupe; elle
LES DIAMANTS DE LA COURONNE 51
va le trouver, lui confie son embarras, lui de-
mande de contrefaire de son mieux les diamants
de la couronne, et, pendant le temps de cette



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