Flea, les red hot
Retour à l'index la-basse.euLa famille du Luth et de la Mandore s'arrondit de la gracieuse Mandoline et du majestueux Théorbe ou Archiluth (fin du xve siècle), avec son double manche et ses formes sculpturales. La Guitare et la Harpe subissent peu de modifications. Il n'en est pas de mime du Psaltérion, qui, par l'adjonction d'un clavier semblable à celui de l'orgue, se transforme progressivement en Épinette, Virginale, Clavicorde, puis enfin Clavecin (mye' au xv16).
H y avait des Flûtes de toutes grandeurs ; les plus longues résonnaient comme des tuyaux d'orgue. L'idée de compléter les familles (idée à laquelle on revient) avait conduit à construire des Bassons aigus et des Hautbois graves, malgré l'apparente contradiction des mots ainsi accouplés. Les Cornets à bouquin jouaient un grand rôle (il nous en est resté encore longtemps le serpent, puis l'ophicléide). La famille des cuivres s'enrichit d'une puissante personnalité, le Trombone à coulisse (xvi• siècle), d'abord dénommé Sacquebute , et créé dès l'origine en quatre types : alto, ténor, basse et contrebasse. -
Vers la fin du xv siècle, les pédales sont appliquées à l'orgue par Bernard Mured; à cette époque, et même antérieurement, elles faisaient mouvoir les Carillons à clavier qui, du haut des clochers des cathédrales, des beffrois
1. Pourquoi a trompette» et pourquoi s marine »I Je crois bien qu'on n'en saura jamais rien.
LES GRANDS CLASSIQUES 077
des hôtels de ville, répandent leur harmonie en gouttes argentines sur les villes flamandes. La musique purement instrumentale prend un essor jusqu'alors inconnu, dans lequel se dessine pour la première fois l'idée d'un coloris orchestral; on voit se constituer des orchestres de fête, de ballet; enfin, tout montre que l'art musical, ayant acquis un à un tous les éléments nécessaires à son parfait développement, maniement des voix et formules de contrepoint, système harmonique et notation rationnelle, vérité de l'accent dramatique et richesse de timbres, bien armé désormais, va pouvoir s'élancer hardiment vers des cimes de plus en plus élevées.
Nous quittons ici l'époque curieuse et intéressante des tàtonnements primitifs, et nous allons voir défiler triomphalement les Grands Classiques.
Jusqu'à ce point, nous avons pu, sans inconvénient trop marqué, envisager l'évolution musicale comme s'effectuant en quelque sorte d'une seule pièce et parallèlement chez les diverses nations; mais à partir d'ici, il devient indispensable de se rendre compte de la part individuelle de chacune d'elles dans les progrès effectués, et de discerner bien nettement la tendance prédominante de chaque école. Cela ne veut pas dire que ces tendances diverses ne s'étaient pas encore manifestées; loin de là, car elles ont toujours existé; mais à présent que l'art est entré en possession de tous ses éléments techniques, de son outillage bien complet, chaque nationalité s'attache , encore plus distinctement que par le passé, à un objectif déterminé, toujours correspondant à son caractère propre.
De là les trois grandes Écoles française, allemande, italienne, que nous séparerons désormais pour les mieux étudier et mieux saisir la physionomie de chacune d'elles'
1. L'Eeole russe est de date tonte récente; nous l'étudierons plus loin.
678 LES GRANDES ÉTAPES DE L'ART MUSICAL
L'Allemagne prend la suite des vieux contrepointistes ; à elle la musique savante, les combinaisons profondes et philosophiques.
L'Italie cultive surtout la mélodie ; l'art du chant l'attire spécialement; à elle la musique facile et séduisante.
La France recherche la pureté du style, l'émotion et la sincérité dans l'expression.
A ces trois grandes Écoles se rattachent des individualités appartenant souvent à d'autres nations, mais qui, soit par leur tour d'esprit naturel, soit par le fait de leur éducation musicale, soit encore par une longue habitation dans un pays, en ont épousé les idées et en ont fait leur véritable patrie artistique.
Il ne faudra donc pas être surpris de trouver des noms italiens dans l'école allemande, ou vice versa; ce n'est pas tant la désinence du nom propre, ni même le lieu de naissance, que le tempérament et le caractère musical de chaque artiste qui ont dû nous guider dans cette classification, parfois discutable d'ailleurs, certains auteurs ayant participé de plusieurs styles et subi des influences très diverses.
Nous commencerons par l'École allemande, la plus robuste incontestablement à cette époque, et celle à laquelle les autres écoles ont dû le plus souvent faire des emprunts. C'est là qu'il faut rechercher la hardiesse et la solidité architecturale, la profondeur des combinaisons.
En tête se placent deux colosses, Bach et Hœndel, vénérables objets d'admiration, que les siècles n'ont fait que grandir et ne sauront jamais amoindrir.
C. — École Classique Allemande.
Bach (Jean-Sébastien) (1685 1-1750), né à Eisenach.
Un des plue grands génies de l'Allemagne, comme du monde entier, dont l'influence sur l'évolution musicale fut immense et se fait encore sentir dans toutes les écoles.
Organiste et claveciniste d'une incomparable habileté. il ^
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produit, dans tous les genres connus en son tempe, et aussi sous des formes nouvelles créées par lui, une infinité de chefs-d'oeuvre qui ne sont pas encore tous publiés. C'est probablement le plus fécond des compositeurs. Dans son oeuvre incommensurable, on ne peut que citer les ouvrages les plus célèbres ; d'ailleurs, le catalogue complet n'en existe pas.
Messe en si mineur et beaucoup d'antres Messes, Motets, Psaumes, la Passion selon saint Mathieu (oratorio pour deux choeurs et deux orchestres), et autres oratorios ; Cantate pour la Pente:- celle, beaucoup d'autres Cantates, den Psaume, et des Chorals en nombre inconnu ; le Clavecin bien tempéré (recueil de préludes et fugues); plusieurs livres de Pièces de clavecin (inventions, symphonies, fantaisies), l'Art de la Fugue, Sonates pour violon seul, Duos, Trios, Concertos pour divers instruments; Fugue*, Chorals, Canon: pour orgue, Toccatas, Prélude et Fugue sur le nom de Bach t, etc., quantité d'airs de danse, courantes, sarabandes, allemandes, gigues, menuets, gavottes, eto.
Il eut onze fils et neuf filles.
La famille de Bach a fourni une quantité de musiciens, soit parmi ses aïeux, soit parmi ses descendants ; on n'en compte pas moins de cent vingt, ayant tenu avec distinction des emplois de maures de chapelle, d'organistes ou de chanteurs dans les cathédrales. Je n'énumère ici que ceux dont il nous est resté des traces notables par leurs oeuvres.
Bach (Jean-Christophe) (1643 ± 1703), né à Arnstadt. Contrepointiste _et improvisateur dune haute valeur, qui • écrit beaucoup d'ouvrages religieux ou profanes.
(Plusieurs autres membres de la mémo famille ont porté les mémes prénoms.)
Bach (Jean-Ambroise) (1645 -1. ?) qui fut le père du célèbre
Jean-Sébastien.
Bach (Guillaume-Friedmann) (1710 f 1784), né à Weimar, fils
ciné de Jean-Sébastien.
Improvisateur remarquable, il e laissé de nombreux ouvrages pour orgue, clavecin, orchestre ou choeurs, restés pour la plupart à l'état de manuscrit.
Bach (Philippe-Emmanuel) (1714 1788) , né à Weimar,
deuxième flls de Jean-Sébastien.
Abandonna partiellement le style purement fugué et contra-
,
selon la nomenclature allemande.
180 LES GRANDES ETAPES DE. L'ART MUSICAL pointé de son père, fut beaucoup plus mélodiste et créa la forme de la Sonate moderne, qu'Haydn, Mozart et Beethoven devaient
porter à son extrême perfection, et d'où est sorti le modèle de la Symphonie. Il exerça donc, quoique ses ouvrages soient trop peu connus de nos jours , une action considérable sur le développement des grandes fermes de la musique instrumentale et symphonique, et il doit être considéré comme le trait d'union entre l'école sévère de son père et le style moins austère de l'école classique allemande à laquelle il a ouvert la voie.
Nombreuses compositions religieuses et profanes, vocales, symphoniques et instrumentales, notamment pour clavecin. Bach (Jean-Chrétien) (1735 t 1782), né à Leipsick, onzième et
dernier fils de Jean-Sébastien.
•
En dehors de sa musique d'église ou symphonique, il a écrit de
nombreux opéras, dont plusieurs ont été représentés en Allemagne, en Angleterre on en Italie.
Il était autant élève de son frère Philippe-Emmanuel que de son père, et cultiva la forme mélodique.
La vie de J.-S. Bach, issu d'une véritable tribu de musiciens, fut calme et sédentaire, toute consacrée à l'étude, à la production et à la famille.
Autrement mondaine fut l'existence de Hmndel, d'où son style plus vivant, à la fois plus aimable et plus dramatique, dans lequel on retrouve parfois des traces indéniables de l'influence italienne.
Htendel (1685 t 1759), né à Halle (Saxe).
Contemporain absolu de J.-S. Bach, non moins illustre que lui, il lui est trop souvent comparé et assimilé dans l'esprit du public; si bien qu'on arrive à les confondre, bien qu'ils soient, par leur style, absolument distincts.
La caractéristique de Iliendel, c'est d'être toujours pompeux et solennel; les moindres de ses oeuvres sont empreintes de majesté, exemptes de complications.
• Né en Saxe, il habita successivement l'Allemagne, l'Italie, puis l'Angleterre, où il se fixa et mourut, et son style se modifia selon ces divers milieux, sans jamais perdre ses qualités grandioses, qui furent d'ailleurs entretenues par la fréquentation des cours souveraines ou princières, ainsi que par des occasions réitérées de composer en vue de grandes solennités officielles ou privées. Ce style e trouvé ses plus hautes applications dans le genre Oratorio; parmi les pins célèbres on peut citer : brise en Égypte.
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dadl, le Messie, Samson, fadas Machabée, Suzanne • il e aussi écrit de nombreux opéras, sur des livrets anglais, italiens et allemands, environ une cinquantaine, oubliée aujourd'hui; beaucoup de musique religieuse, et de nombreuses pièces instrumentales pour orgue on clavecin.
Les Anglais le considèrent comme une gloire nationale, bien que l'Anglaerre ne soit que son pays d'adoption : quelques-uns vont même jusqu'à lui attribuer la composition du : God gave Me King, ce qui n'a rien de prouvé, bien qu'il y ait analogie distyle. Il est inhumé à Westminster.
Ces deux hommes extraordinaires, Bach et litendel, dominent non seulement leur époque et leur école, mais l'histoire de la musique tout entière.
De leur vivant encore, et dérivant surtout, avec des formes plus élégantes et plus spirituelles, de Bach et de son fils Emmanuel, apparut un antre grand génie qui devait s'attacher surtout au développement du style symphonique :
Haydn (François-Joseph) (1732 t 1809), né à Robren (Autriche). Fut d'abord simple enfant de choeur à la cathédrale de Vienne; né de parents obscurs (son père •était charron), il pourvut lui- même, par la lecture de bons ouvrages, à son instruction musicale élémentaire, et vécut dans la misère la plus complète jusqu'au jour où il fut pensionné par divers hauts personnages, surtout par les princes Antoine et Nicolas Esterhazy, auprès desquels ses fonctions tenaient autant du valet de chambre que du maître de chapelle.
Il reçut quelques conseils de Porpora, en échange de services domestiques ; mais son vrai modèle, il l'a dit lui-même, fut Philippe-Emmanuel Bach, dont il adopta le style, la forme et divers procédés.
Haydn est considéré commets père de la Symphonie, dont, à vrai dire, il fixa le plan définitif, resté classique ; il n'en a pas écrit moins de cent dix-huit, dont une vingtaine seulement est connue en France; il e aussi écrit un assez grand nombre d'opéras sur des Poèmes allemands ou français, entièrement oubliés. Il n'en est pas de même de deux grands oratorios, la Création et les Quatre Saisons, qui sont de véritables chefs-d'oeuvre; puis beaucoup de musique de chambre consistant en quatuors pour instruments à cordes, trios pour clavecin, violon et violoncelle, sonates pour piano seul, etc.; puis de la musique d'église, notamment les Sept Parole, du Christ.
LAVIGNAC. — La Musique. 18
tia5 LES GRANDES ÉTAPES, DE L'ART MUSICAL
La• nate dominante> chine Inn:sus-igue de Illaydn est le finesse, l'esprit; il faut. aussi admirer da puissance d'invention eget& véritables. trouvailles harmoniques, souvent- pleine- d%udacee surtout si Fou se reporte au tempe on il. virait.. C'est, une grande figure musicale.
gaydn. eut un frire, Michel Sayda (1737-geifil, organiste et prnfes'seur du plus. grand talait,- qui a laissé des treeeif féligieügès itntitiditiltett tinais'sa persunnalité ést absorbée dans la gloire de son illustre aîné.
Jé Signale s'éalemaiif Gluck, parce efia/ est tué eft Allifidagne éfi .1714; niais' l'éparkeuieértient cle s'oh génie ayant eu lieu dans sa cgtrièré ffançaige, C'est elrig
cftte. fintie detetkinS• l'éindièr. Il initiai-lé potirfant âè cUtià-
tater ici gné lagaellé ll porta la cdiwpo§itit.ti
drainàtiqtté, ropéraf ne' fat pair sme cerginètf
Nettes de rceuvfè dé Matirt comme Fart detral
général.
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