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s en sens inverse ; d'habitude, quand deux retards ont lieu simultanément, ils suivent tous deux des directions parallèles. Voici des doubles retards d'une forme plus usuelle :
Double retard de la tierce et de la basse
doublée.
Le double retard est d'un excellent emploi : il n'est soumis à aucunes règles spéciales autres que celles qui régissent les retards simples.
Tout retard peut se résoudre sur un accord autre que celui dont il retarde une des notes ; autrement dit, l'accord peut changer au moment même de la résolution, à la condition que ce nouvel accord contienne la note néceepaire à ladite résolution.
Résolutions modulantes du retard. •
C'est une sorte de résolution exceptionnelle, le Plus
RETARD 296
souvent modulante, dans laquelle toutefois le retard lui- même effectue sa marche normale.
Je crois avoir dit à peu près, au sujet du retard, tout ce que peut comporter le cadre limité de cet ouvrage.
Quand on fait usage de cet artifice harmonique , il ne faut pas oublier que la note dite retard est par elle-même étrangère à l'accord, et n'a pas la puissance voulue pour separer, deux octaves ou deux quintes ; on doit donc la supprimer par la pensée, et examiner si, en son absence, l'enchaĂ®nement serait régulier ; dans le cas contraire, on doit le considérer comme tout aussi fautif avec le retard que sans lui. Des passages du genre de ceux-ci sont très désagréables à entendre et doivent être soigneusement évités :
ces irrégularités, parfaitement classiques, sont consignées dans tous les traités d'harmonie.
Plus moderne que le retard, l'altération apporte à l'accord une modification moins profonde. D'abord, elle s'emploie généralement au temps faible, ou sur une partie relativement faible de temps ; puis, elle est le plus souvent précédée de la note réelle, ce qui fait que l'auditeur a eu préalablement la perception de l'accord à l'état normal. C'est l'introduction mélodique de l'élément chromatique dans une harmonie dont le fond reste diatonique ; c'est le partage d'un espace de ton en ses deux demi- tons, par une note étrangère à la tonalité, sans que l'intervention de cette note, qui conserve le caractère de note de passage, implique la moindre idée de modulation or de changement de ton. La définition est longue, mais elle nous évitera d'autres explications par la suite.
Toutes les fois qu'entre deux notes consécutives il se
1
àL,TÉRAT1012 297
trouve un intervalle mélodique de seconde majeure, de ton, on peut songer à intercaler une altération, soit ascendante, soit descendante ; mais il s'en faut de beaucoup qu'elle soit également bonne et agréable sur tous les degrés, avec tous les accords et dans tontes les circonstances. A l'inverse du retard, noble et solennel par essence, l'altération est mièvre, minaudière, efféminée ; les combinaisons dans lesquelles on en abuse deviennent maniérées et prétentieuses, manquent de franchise ; l'altération descendante spécialement a un caractère pleurard caractérisé, qui fait qu'on ne doit l'employer que lorsqu'elle est motivée.
Comme pour les retards, je ne citerai ici que les altérations les plus usuelles. Je supprime même toute expli-
cation de détail, les chiffres à eux seuls faisant, parfaite-
ment connaĂ®tre la nature de chaque altération ainsi que l'accord auquel elle s'applique.
•^•••^•• 1 • ummomme....e. :nu •^••^^••^•••••
On peut aussi employer simultanément les retards et les altérations, et de ce mélange résultent les• combinaisons les plus nombreuses et les plus variées,
Retard de la basse doublée. Retard de {. la quarte.
Altération asc. de la quinte Altération asc. de la sixte
5 —+4
sent je ne puis donner ici qui un léger aperçu.
Enfin de nouveaux effets, souvent imprévus et d'une
ORNEMENTS !MÉLODIQUES 301
grande richesse, naissent de l'attaque directe de !'accord altéré, procédé tout moderne, dont on tirera un parti d'autant meilleur qu'on aura mieux su s'en priver dans le courant des études techniques, oĂą tous les théoriciens en condamnent ou limitent sévèrement l'emploi. C'est ainsi que s'explique l'accord de trois sons du troisième degré en mineur ', absent dans nos tableaux; il doit être analysé comme un accord altéré attaqué directement et soumis à la loi de résolution des altérations ascendantes, ce qui ne permet pas de le classer avec les accords consonants, auords de repos dont chaque partie peut se mouvoir rarement.
On l'appelle quelquefois accord de quinte augmentée.
Nous avons déjà vu des notes étrangères à raccord, les retards, nous avons vu aussi des notes étrangères au ion, les altérations; voici venir des notes étrangères à l'harmonie: ce sont les notes de passage, les appogiatures, les anticipations, les broderies, enfin tous les ornements ayant un caractère purement mélodique et ne comptant réellement pour rien dans l'harmonisation. Il faut pourtant les connaĂ®tre, ne serait-ce que pour pouvoir les éliminer dans l'analyse harmonique.
Commençons par l'appogiature, dont la définition sera facilement saisie, puisque nous avons déjà dit que c'est « un retard sans préparation' n. Elle se place le plus souvent sur le temps fort, ainsi que l'indique son étymologie', ou tout au moins sur une partie de temps qui puisse porter un accent ; elle peut être inférieure ou supérieure, et, selon le cas, elle se résout, soit en montant, soit en descendant, sur une note constitutive de l'accord; inférieure, elle est
1. Pages 222, 225, 227 et 238.
2. Page 289.
3. Italien : appoggiare, appuyer.
fa. Placée autrement, elle prend le nom d'appoglature
302 GRAMMAIRE DE LA MUSIQUE
le plus souvent à un demi-ton diatonique de la note principale; supérieure, elle peut être à un ton ou un demi-ton, jamais aucun autre intervalle. Parfois on associe les deux espèces, ce qui forme l'appogiature double, soumise aux mêmes réglés.
Voici quelques exemples d'appogiatures simples ou doubles :
A
Appogiatu-
res simples,
inférieures
et
supérieures
wirrul^•^^•••..mmanunoroantaderain.,===,...
111111irlifflomm
•••^•• • .raÎt=1M1•
11•7.0•MI It":3710^1
A
Appogiatures doubles.
On peut àussi admettre deux appogiatures simultanées dans deux parties différentes; c'est alors l'équivalent du double retard (sauf toujours la préparation):
En raison de son caractère mélodique, l'appogiature, comme du reste tous les ornements, trouve son plus fréquent emploi à la partie supérieure; il faudrait toutefois
(1) Les ornements mélodiques ne se chiffrent pas.
(2) La barre de prolongation devant le chiffre indique que l'accord est émis sur la note précédente.
Appogiateres
simulta6Ă«és.
rab igeemor amme^
ORNEMENTS MÉLODIQUES 303
se garder de prendre ceci pour une règle absolue; elle peut étre fort bien placée partout ailleurs.
C)
"MU a 1 II. IIMP!..111
""'-'1=1'".:=:= .=rell:r.:Téall
I Al 11111
#4- e
•MIMIIMIIIIMIIIMIIMI•
MU... I 11=1111 il...Mai I. MINIIMMIMI I
Autres Ç appogia ture•
ete.
6
Le lecteur a déjà une idée de ce qu'est la note de passage, par l'emploi qui en a été fait précédemment', au sujet des échanges de notes. Elle peut étre diatonique ou chromatique, ascendante ou descendante; il peut y en avoir aussi plusieurs successivement.
Deux notes à distance de seconde mineure ne permettent pas l'emploi de cet ornement; mais, si elles sont séparées par un ton, on peut déjà y intercaler une note chromatique ascendante ou descendante, qui participe autant de l'altération que de la note de passage :
Entre deux notes à distance de tierce, il y a place pour une note de passage diatonique, et deux (ou trois) notes de passage, si on fait usage du genre chromatique :
Si les deux notes sont séparées par l'intervalle de quarte, elles permettent diatoniquement l'emploi de deux
1. Page 274. -
804 GRAMMAIRE DB LA MUSIQUE
notes de passage, ou de quatre avec mélange de notes altérées.
P P PPP P P P P
^,..~ me,. IIMMIMI
1.11^1111M1M.1111.1^11101•^•
Naturellement, rien ne s'oppose à ce qu'il existe des notes de passage simultanément dans plusieurs parties.
Même exemple, avec suppression des notes de passage :
Les notes de passage occupent le plus souvent la partie faible du temps ou de la mesure.
La broderie ou dissonance de retour est de la même famille que la note de passage, dont elle diffère en ce qu'au lier de suivre tout droit son chemin, elle fait retour sur la note principale d'oĂą elle vient. Elle participe aussi quelque peu de l'appogiature, bien qu'elle occupe un temps ou une partie de temps relativement faible ; comme cette dernière, lorsqu'elle est supérieure, elle peut être placée à un ton ou à un demi-ton de la note principale, être
- ---• -
1•1?^^^^••^^• V•IMIalm...m.011^01111/e1^11.«.11..M MF/ Vele=e1MmIlmfamme^retlie
.1nowomo M1.0.18
Notes de passage dans plusieurs parties.
4 G—+4 —6 5 —
b —Fr
4
ORNEMENTS MÉLODIQUES 30S
diatonique ou chromatique; mais inférieure, selon le sentiment moderne, elle est plus souvent distante d'un demi- ton seulement.
{Broderies. M•AM/711,f 11811^11111/2MIIMOIWIMOIIMIIIMMIMMMIIIMMUMIMMfflI1 IV.I8M••^1111...8• 1.11”/LIII ..1•1.,OMMIMIIMIMMIMMMO" IIM^ UMM
••/..•^^•• oz« emManirra..n• Ae.o'ne....ibm,...ffl
Wà•MlIl•IIMIMB..11,MIUMMIC:31,18MIMM Mal^illare•
7— 1311 MI 5— I
grovere l.•
g_
Les anciens compositeurs employaient fort bien la broderie inférieure à distance d'un ton, comme :
ce qui n'est pas sans charme.
Elle peut se placer dans toutes les parties, et même dans plusieurs à la fois.
Broderies do ubles
ou triples
analysé, surtout dans un mouvement vif, soit comme résultant de quatre broderies simultanées, soit comme constituant un accord caractérisé, ce que montrent les deux chiffrages :
5
508 GRAMMAIRE DE LA MUSIQUE
Cet ornement peut s'appliquer à une note quelconque, que celle-ci soit une note essentielle de l'accord, un retard, une altération, ou même une note de passage ou une appogiature.
Retard, altération,
note
de passage et
appogiature
brodés •
De même, pendant qu'une partie est brodée, une autre partie peut subir une altération, un retard ou tout autre artifice harmonique ou mélodique.
Il existe aussi des broderies doubles, à la fois inférieures et supérieures, assez semblables d'aspect aux appogiatures doubles, mais occupant, à l'inverse de celles-ci, une partie de temps relativement faible.
Broderies doubles.
•
On évite généralement de redoubler une note brodée, à moins que ce ne soit la tonique ou la dominante
Les notes de passage, les broderies simples ou doubles, sont des ornements qu'on rencontre fréquemment chez les auteurs classiques. Il en est de même du suivant, qui ne doit pourtant étre employé qu'avec plus de ménagements, dans le pur style d'école.
Si d'une broderie on retire la note de retour, la répétition du son initial. il reste l'échappée.
Brode
ORNEMENTS MÉLODIQUES toi
L'échappée est donc une broderie tronquée, avec élision de la note de retour, qui reste comme sous-entendue; elle ne peut trouver sa place que sur une partie très faible de la mesure ou du temps, et toujours être en rapport diatonique conjoint avec la note principale qui la précède, et dont elle constitue l'ornement.
C'est encore sur le temps faible que se place l'anticipation, qui consiste, ainsi que son nom l'indique, en une note émise avant l'accord auquel elle. appartient. Elle _peut être directe ou indirecte; ceci demande une explication.
On appelle anticipation directe l'émission par avance de la note même qui va figurer, à la même partie, dans l'accord suivant, ainsi' :
Lorsque, au contraire, la note empruntée à l'accord suivant ne reste pas, au moment de l'enchatnement, dans la partie oĂą elle a été anticipée, il y a anticipation indirecte.
ant. 1nd ant. nd
Directe ou indirecte, l'anticipation s'emploie de préfé-
1. On l'appelle ensui port de roto.
308 GRAMMAIRE DB LA MUSIQUE
rence à la première partie, et en notes de valeur brève, trop longue, et prenant par cela une trop grande importance, elle serait d'un caractère prétentieux, affecté. On peut aussi faire anticiper simultanément deux parties, ou trois, ou même quatre, c'est-à-dire tout l'accord.
el
IMI.
IMM....M.1Ni.
Dans beaucoup de cas, l'anticipation indirecte peut, sans grand inconvénient, être confondue avec l'échappée, dont elle ne diffère qu'en ce qu'elle fait partie intégrante de l'accord qui va venir.
Quelles que soient les notes mélodiques, appogiatures, notes de passage, broderies, échappées ou anticipations, elles ne doiventjamais servir à masquer des fautes de réalisation; on doit toujours pouvoir, au contraire, en les éliminant et les remplaçant par les notes réelles dont elles ne sont que l'ornementation, retrouver une charpente harmonique d'une structure irréprochable.
Il en est de même, dans la composition instrumentale, à l'égard de traits d'un genre quelconque, gammes diatoniques ou chromatiques, accords brisés ou arpégés, mélangés de notes étrangères à l'harmonie et revêtant par là un caractère purement ornemental, même s'ils ont une longue étendue. Ils sont impuissants à dissimuler la présence d'une harmonisation défectueuse, parce qu'en supprimant les notes ayant caractère purement mélodique, il resterait des quintes ou octaves consécutives, des fausses relations, etc., ce que démontrent les exemples suivants, et ce dont il est facile de se rendre compte en les exécu-
OltrilildENTS IdgLODIQUIIS 1100
tant au piano, ou encore mieux en les faisant chanter pat quatre voix'.
5 5
A plus forte raison il est inadmissible que les notes d'ornement forment soit entre elles, soit par leur mélange avec les notes essentielles, des groupements défectueux. tels que :
LU eu est do même de la plupart do cos exemples.•
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