Qu'est-ce qui fait quoi dans le son de la guitare basse?

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Ceci donne lieu déjà à deux remarques intéressantes :
1° Il est d'usage, je ne sais trop pourquoi, de noter eonstamment le son le plus grave (et celui-là seul) en clef de fa. Les autres sont écrits en clef de sol, mais une octave au-dessus du son réel, comme cela a lieu pour les voix de ténor.
2° Les sons 7, 11, 13 et 14 (en blanches) ne sont pas absolument justes; les deux si bémol (7 et 14) sont sensiblement trop bas; ce défaut s'amoindrit quand on joue un peu fort, mais reste très apparent dans les effets de douceur, où il ne faut les employer qu'en qualité de notes de passage, ou encore seuls, sans aucune harmonie ; le la (13) est aussi trop bas; quant au fa 31 (Il), il tient autant du fa naturel que du fa #, tellement que dans la plupart des ouvrages spéciaux on le considère comme un fa trop haut. Tous ces sons ont donc besoin d'étre corrigés par l'habileté de l'exécutant; dans leur état naturel, ils détonneraient avec les autres éléments de l'orchestre, et, même isolés, ils surprendraient désagréablement notre oreille; »on ne les emploie qu'en les dénaturant légèrement par l'introduction de la main dans le pavillon, ce qui abaisse leur intonation et assourdit en même temps leur timbre. Ils rentrent alors dans la catégorie des sons dits bouchés, par opposition aux sons naturels, qu'on appelle aussi
ouverts.
Le même procédé peut s'appliqu'er à toutes les autres notes de l'échelle naturelle, et c'est par cet artifice que le cor arrive à se créer une sorte de gamme chromatique factice, dans laquelle les sons ouverts résonnent seuls écla-
SONS SOUMIS tas
tants et énergiques, tandis que les sons bouchés sont d'autant plus vagues et timides que la main doit, pour les produire, s'engager plus profondément dans le pavillon de l'instrument.
Dans l'exemple suivant, ces inégalités sont représentées par des différences de valeurs; les rondes sonnent franchement, les blanches sont sourdes, et les noires encore plus.
"im^
Agr.rso.«,,^,»;
6 7 II e
11 12 13 14 15 15
(Je néglige quelques nuances de détail dont la connaissance n'est utile que pour les cornistes.)
La difficulté de jouer des passages compliqués ou rapides avec des moyens d'exécution si délicats a conduit les facteurs de tous temps à fabriquer des instruments dans plusieurs tons, ou; ce qui revient au même, à créer des pièces mobiles, des tronçons de tube recourbés, qu'on nomme corps de rechange, tons de rechange (ou, en langage courant, tons), qui, interposés dans le circuit général, viennent allonger ou raccourcir le tuyau sonore. On peut ainsi faire varier la fondamentale muette, et avec elle tous ses harmoniques. Il existe des corps de rechange dans tous les tons, mais les seuls dont aient fait emploi les maîtres classiques sont les suivants, dont je transcris, en regard des sons réels produits, le mode de notation adopté; en ajoutant à chacun d'eux les sons bouchés, qui sont les mêmes que pour le cor en ut, on aura l'ensemble de tous les sons accessibles à ces instruments, avec leur degré d'éclat ou d'atténuation
t34 •LB tdATBRIBL SONORE
b
aigu
Le timbre du cor peut être utilisé de mille manière., mais une grande habileté est nécessaire pour le bien employer. Il est tour à tour héroique et champêtre, sauvage ou d'une exquise poésie; et c'est peut-être dans l'expree
COR A PISTONS 136
sion de la tendresse, de l'émotion, qu'il développe le mieux ses qualités mystérieuses.
Dans les formules mélodiques qui exigent de la force ou de la rapidité, les sons ouverts sont seuls d'un emploi certain. Les sons bouchés demandent à étre émis avec précaution, et n'atteignent jamais qu'une intensité moyenne. On en facilite la production en les faisant précéder d'un son ouvert voisin.
liiirruonss : Daupr-at, Gallay, Domnielt, Mei fred
• Cor à pistous ou cor chromatique.
Qu'on imagine un cor ordinaire muni en permanence de plusieurs tons de rechange, avec la faculté de passer instantanément de l'un à l'autre, rien qu'en appuyant sur un, deux ou trois pistons, et on aura une idée approximative de la construction et des avantages de cet instrument. Un cor à pistons en fa (c'est le
ton le plus usité) peut émet- Fig. 57. — COR A PISTONS.
ire avec une égale facilité Sauteur O•».
les sept séries d'harmoniques appartenant aux cors simples en fa, mi, mi b, ré, ré b, ut, et si; il a donc, de
à (sons réels), une échelle chromatique


complète de trois octaves et six notes, dont un grand nombre pouvant s'obtenir par plusieurs doigters , ce qui est une richesse précieuse, et en plus la faculté de trans-
136 LE MATERIEL 80NORK
former chacun de ces sons, comme le ferait un cor ordinaire, en son bouché.
Malgré ces incomparables qualités, il n'est pas également apprécié par tous les compositeurs; certains lui
préfèrent encore le cor simple, au point de vue du timbre, de la poésie; cela tient peut-être simplement à ce que les virtuoses, une fois en possession de cet outil perfectionné, abandonnent trop complètement les procédés primitifs et l'usage des sons bouchés, qui, par leur incertitude même, communiquaient au jeu de l'instrument originaire une sorte de timidité qui n'est pas sans charme.
hiliTHODE8 : Meifred, Gounod, Garigue, G. Pardi.
Cor de ebemie.
C'est un simple cor d'harmonie en ré, sans pistons ni tons de rechange, fabriqué peut-être avec moins de soins,
mais en tous points semblable. La plupart des sonneurs de trompe ignorent pourtant que leur instrument peut fournir naturellement un si 1, (qui sonne do et qui est l'harmonique 7 ; de même qu'ils ne songent pas à intro-
TROMPETTE 137
duire la main dans le pavillon pour produire des sons, bouchés. Les seuls sons employés dans les fanfares de chasse sont donc :
qu'on écrit



TT
Je ne crois pas que cet instrument ait jamais figuré dans l'orchestre en dehors de l'ouverture de la Chasse du jeune Henry de Méhul, où, en entonnant bruyamment une fanfare connue, il vient produire un effet des plus pittoresques et des plus entraînants.
Trompette.
Ce bel instrument tend, hélas 1 à disparaître de l'orchestre, où sa place est envahie soit par la trompette chromatique, soit, plus malencontreusement, par le cornet à pistons, le type de la trivialité ; or, la trompette simple
Fig. 59. — TROMPETTE ORDINAIRE.
Longueur 0.,57.
est, an contraire, l'instrument pompeux et héraldique par excellence.
Pour la décrire rapidement, considérons-la comme le soprano du cor; elle possède à peu près la même échelle harmonique, mais se meut dans une région à la fois plus aiguë et plus restreinte ; elle en diffère encore en ce qu'elle n'emploie jamais que les sons ouverts; les sons bouchés lui sont inconnus et n'y produiraient d'ailleurs qu'une mauvaise sonorité
•
lés LE MATÉRIEL SONORE
Comme le cor, la trompette est un instrument transpositeur; elle possède beaucoup de tons de rechange; ceux d'ut, ré, mi b, mi, fa, sol, si b, si, sont les plus usités.
Voici, pour chacun de ces tons, les notes dont on peut disposer avec sécurité :
Il faut toujours tenir compte qu'ici comme pour le cor, les harmoniques 7 et 11 (si b et fa g de la notation) ne

TROMPETTE A PISTONS 139
sont que d'une justesse approximative, et que de plus ils ne peuvent être corrigés par l'obturation .partielle du pavillon. H est donc prudent de s'en abstenir. Pourtant, des maîtres très classiques ont souvent employé ce fa faux en guise de fa naturel, se fiant, sans doute, à l'habileté des exécutants pour en dissimuler l'imperfection. •
Très agile, la trompette se prête admirablement aux essins rapides, aux arpèges, surtout aux notes répétées.
n dehors des fanfares éclatantes, des appels stridents, 11e est apte à produire dans la nuance p pp, des• effets soit fantastiques, soit d'une extrême douceur.
MÉTHODE : Dauverne.
Trompette A pistons ou trompette chromatique.
La trompette à pistons. est à la trompette ordinaire tomme le cor chromatique est au cor simple; la trans-
formation est la même. On lui adapte les mêmes tons de rechange- qu'à la trompette simple, et elle embrasse
Q.
l'étendue écrite de chromatiquement ,
bien entendu..
On l'écrit comme la trompette ordinaire du même ton.
100 LR MATÉRIEL SONORR
Comme pour le cor, l'adjonction des pistons semble avoir légèrement modifié le timbre de l'instrument ; il est moins éclatant, un peu plus empâté; mais ces défauts, peu accusés du reste, et auxquels il serait peut-être aisé de remédier, sont largement compensés par la facilité et la sûreté de l'exécution, et encore plus par la richesse et l'étendue de l'échelle.
Mi/TM/D» : Dausurrné, Guilbaul, G. Parè,.
Cornet à pistons.
L'instrument qui demande le moins d'étude, mais aussi le plus vulgaire ; son tube très court ne lui permet
Fig. 41. — CORNET A Pierrot«.
Longueur no,te.
d'émettre que les harmoniques graves, de 2 à 8 au plus, et son timbre manque totalement de noblesse et de distinction. Il a pour lui une étonnante facilité d'émission, il triomphe dans l'exécution des notes répétées, des trilles, des traits rapides de toute forme, même chroma:- tique, et il chante aisément toute espèce de mélodie, en lui transmettant son caractère commun et trivial; àl'oc- caillou, il prétend imiter le cor et la trompette,-ineir>n-
TROMBONE
ments héroïques; mais cette imitation ressemble souvent à une charge; c'est le gamin de Paris de l'orchestre ', et il est mieux à sa place dans les orchestres de bals publics ou de café-concert qu'à l'Opéra ou dans les grands concerts symphoniques, d'où il serait heureux de le voir disparaître.
Le cornet à pistons en si b, le plus répandu, a pour étendue réelle, chromatiquement, l'intervalle de
bsa (±)
qui s'écrit naturellement un ton plus haut, comme l'indiquent les petites notes entre parenthèses.
On en fait aussi dans d'autres tons, surtout en la, mais le cornet en sil, est l'instrument type, le grand soliste des fanfares populaires et de la musique militaire.
MÉTHODES : Forestier, Arban, Gérin, Caliban! (élémentaire)
Trombone ordinaire oa • coulisse.
Il y a trois variétés de trombones à cou-
lisse : le trombone-alto, le trombone-ténor, et le trombone-basse, qui s'écrivent chacun dans la clef propre à la voix dont ils portent le nom (ut 3°, ut 4°, fa 4°). Les trombones diffèrent donc des autres instruments
1. On verre, eu chapitre Orchestration, quelques
bons emplois du,dorriel àiiistons, par son associa-
Fig. si; — y:tom-•
lion avec d'autres cuivres. BONS A COULISSE-
Hauteur 1..11.
141
142 LE MATÉRIEL SONORR
de cuivre à embouchure en qu'ils ne sont pas trans-
positeurs, mais font enten ,re le son réel tel qu'il est noté. Voici l'étendue de chacun d'eux, chromatiquement :

simonw.--..ao;•••
Alto :

Ténor
Basse•
avec sa traduction dans les clefs du piano, et voici maintenant le principe de construction qui permet d'obtenir cette étendue considérable (je prends comme type le trombone-ténor; les autres fonctionnent de la même façon, l'un à la quarte supérieure, l'autre à la quarte inférieure) :
La coulisse étant entièrement fermée, c'est-à- dire le tube réduit à sa plus courte dimension, l'instrument produit, en modifiant, comme on le fait sur le cor, le souffle
et la pression des lèvres, les harmcniques de
depuis 2 jusqu'à 8, soit :
2 3 b-68
5 6
4
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