Guitare basse
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E12 LA MUSIQUE, LES" MUSICIENS
les pins puissants, ont souvent d'humbles origines : c'est ainsi que , — nous le verrons plus loin, — la grande dynastie des pianos est née du kanoun , en passant par les différents grades qu'on appelle clavicorde, virginale, épinette et clavecin.
C'est au son des instruments primitifs que nous venons de faire connaître, que deS acteurs ambulants (Meiclan-Ozownou) représentent des espèces de vaudevilles qui, pour la charge et la naïveté , rappellent notre ancien théàtre de la foire. C'est aussi au son de ces,instruments que gambade et bavarde le polichinelle oriental , appelé oeil noir (Karagueuz). Enfin c'est encore précédé de la bande tien musiciens ambulants qui se mêlent à tout , que le sultan, — le sultan en personne, —se porte partout où éclate une incendie et travaille de ses mains à l'éteindre. Cet usage incroyable et toujours en vigueur, parait-il, est indiqué , comme il suit, dans un ouvrage très-sérieux , ma foi : la Charte turque, par M. Grassi , officier supérieur. « Lorsqu'un incendie , dit cet historien, se manifeste soit à Constantinople, soit en toute autre ville où se trouve le sultan, quelle que soit l'heure de l'événement, de jour ou de nuit, il est obligé , ainsi que le grand-vizir et le muphti , de s'y rendre sur-le-champ ; rien ne peut les en dispenser, principalement le grand seigneur, qui doit s'y présenter aussitôt ; lui-même doit aider à faire circuler l'eau contre l'incendie et à diriger les travaux des pompiers : il ne peut être exempt de ce singulier devoir qu'en cas de maladie connue d'avance et bien constatée par le public. Comme les incendies arrivent assez fréquemment à Constantinople, les sultans qui ne se font pas aimer tremblent en remplissant cette espèce d'obligation , dont pourtant ils n'oseraient se dispenser ; ils craignent que, dans cette circonstance, on ne leur tende quelque piége, et cette appréhension peut souvent tes porter à se surveiller eux-mêmes. e
Quelle occasion pour l'honorable corps des pompiers de Paris, et aussi de Nanterre , de rendre hommage l'an passé à leur illustre confrère, Sa Majesté impériale Abdul-Aziz Khan, s'ils avaient connu cette coutume originale I
Dans le collège des odalisques, le sultan fait souvent danser devant lui la rhoméa , danse des femmes grecques , exécutée par les jeunes aspirantes au eceur du grand seigneur. Là encore nous voyons apparaître les instruments originaires de la Turquie. Les odalisques se placent Sur deux rangs, ainsi que le prescrit l'ordre de cette danse. L'uSage du harem veut, en outre, qu'elles soient placées par rang de taille , afin d'être mieux vues du sultan. Quelquefois la grâce déployée
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par l'une d'elles dans les pas et les mouvements de la rhoméa éveille l'amui-assoupi au coeur du sultan. Celui-ci lui présente le mouchoir, et'fait ainsi connaître qu'une favorite de plus est créée. a La jeune odalisque , dit encore M. Grassi, à qui le sultan a présenté le mouchoir, le reçoit avec ardeur, en témoignant la plus grande joie ; elle fléchit le genou devant lui , baise plusieurs fois le mouchoir, le cache dans son sein , et le, sultan se retire. »
Vous ai-je parlé du psaltérion turc et du violon original de cette même nation ? Le psaltérion est un instrument quadrangulaire dont les cordes sont en métal. On le tient sur les genoux et on en joue en pinçant les cordes avec les doigts. Le violon turc n'a que deux cordes comme celui des Kalmouks. Le manche en est très—long, et l'autre extrémité de l'instru ment se termine par u u long pivot qui repose par terre. On joue de ce violon comme on joue du violoncelle. Il rend des sons lugubres et faibles, mais d'une nature sympathique. C'est, je crois , le même instrument que celui appelé Kéneéna par les Arabes.
Ce ne sont pas, nous l'avons dit, les incrustations et les autres embellissements qui manquent aux instruments turcs. L'Inde fournit les bois de rose et d'ébène ; le cuivre et l'argent viennent des mines de Tokat , d'Argana , de Somakow ; l'écaille , la nacre st l'ivoire de l'Égypte , de l'Yémen et du Nedjaz ; la corne de buffle est apportée de Gallipoli et d'Ismid. La mécanique ne vient jamais en aide à l'ouvrier musulman qui ne se sert que d'outils simples, tels que scies, vilebrequins, tours, marteaux, etc.
En résumé , la production des instruments de musique dans l'empire ottoman peut être évaluée à une somme annuelle d'environ 254,000 fr., dont 52,000 représentant la seule exportation des cymbales.
Quant à la musique turque , si on excepte la fameuse marche de l'Allemand Mozart, elle n'existe guère que par le génie des Arabes, de vrais musiciens ceux—là , quoiqu'ils ne le soient pas à notre manière.
RÉCOMPENSE.
Mention honorable. KÉROPÉ-ZILIIII. Psamatia. Instruments à percussion.
GRECE.
Des mandolines, des luths, trois grandes guitares aux manches brusquement renversés , montées de huit cordes, et quelques antres instruments analogues ou identiques à ceux que nous avons vu figurer en
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Tin•quie, voilà toute la Greco musicale d'aujcœrd'hui. C'est én vérité peu de chose. Campos obi Troja flat, comme disait Lacome sur le anode éolien. Nous noirs bornerons donc à nommer les exposants qui étaient Perre Mylonakos , de Gà thion ; Pergamaly, de Syra ; Velondio et Marcopoulos , tous deux d'Athènes.
RÉCOMPENSE.
Mention honorable. M RCOPOULOS. Athènes. Luth et mandoline.
VICE-ROYAUTÉ D'ÉGYPTE.
Place au théâtre. Le rideau se lève riant et animé par la présence d'un groupe d'instruments caractéristiques qui pourtant ne resscmMent que de très-loin aux instruments de l'antique Égypte dont parle Villoteau , dans son intéressant mémoire. Je ne vois , en effet , dans cette exposition musicale de l'Égypte moderne , rien qui rappelle les instruments primitifs dont le rôle se bornait à donner le ton à la voix
Porateur, à l'y maintenir, à lui fournir des points d'appui pour les diverses inflexions des accents, et à déterminer les limites où elle devait se renfermer, tout en marquant le rhythme des vers, leur cadence, celle dd chant et de la danse. Les mêmes sons dont se composait la tonalité génératrice des modes légalement admis étaient aussi, observe Lamennais, ceux sur lesquels les anciens avaient fondé les principes et les règles de leur prosodie et de leurs modulations oratoires. Ces modula- tiens , assez étendues , embrassaient v'shittant Denys d'Halicarnasse, un intervalle de quinte : elles ne s'élevaient pas au delà de trois tons et demi vers l'aigu , et ne s'abaissaient pas vers le grave au delà de cet intervalle. « Mais, suivant Villoteau, ces principes fondés sur le système de l'accord de la lyre à quatre cordes des Grecs , étaient une extension de ceux que les anciens Égyptiens avaient déterminés dans l'accord de leur lyre à trois cordes. Dans Paccord de la lyre à trois cordes , le son du milieu formait la quarte avec le grave et avec l'aigu, et les deux sons extrêmes rendaient l'octave : c'était la plus grande étendue que la voix devait parcourir dans le discours ordinaire. )
C'est bien possible,, et Villoteau me paraît avoir raison ; mais que cette explication soit vraie ou qu'elle repose sur un fait controuvé, il n'apparaît pas moins que des liens étroits unissaient dans l'antiquité la
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parole à la minique, la déclamation à hi danse, et tous ces beaux-arts à l'architecture. En effet, une penéée domine dans l'Égypte ancienne, et se manifeste dans toutes les oeuvres de l'esprit indistinctement :'cette pensée, c'est la mort. Personne n'échappe à cette impression fatale, personne, depuis le Pharaon environné des splendeurs du trône jusqu'au dernier des laboureurs toujours grave, et triste jusque dans sa gaieté. « Ce peuple a vu le temps s'écouler comme les eaux du fleuve qui traverse les.plaines nues, et il s'est dit que ce qui puée si vite n'est rien, et, se détachant de cette vie caduque, il S'est reporté par sa foi, par ses désirs et ses espérances, vers une autre vie permanente , immuable. Pour lui l'existence commence au tombeau ; ce qui précède n'en est qu'une ombre, une fugitive image. » Ainsi parle l'auteur des Paroles d'un croyant quia su lire à travers les siècles l'histoire d'un peuple dont la puissance n'est plus attestée aujourd'hui que par un formidable et lamentable chaos de ruines. De ces grandeurs passées, de cette histoire de sept mille ans inscrite en caractères profondément gravés sur le roc, ce livre de granit que Champollion a sûrement déchiffré, que reste-t-il aujourd'hui? Le souvenir et un peuple de mendiants t Qui l'aurait dit ? Dans les déserts du flaire témoins de tant de faits mémorables consignés .dans nos livres sacrés, les gentlemen-riders ont transporté leurs pénates, et l'on y court et l'on y parie bêtement ni plus ni moins qu'à Londres et à Paris. A Alexandrie il y a deux théâtres d'opéras italiens, remplis d'un public tapageur comme en Italie, et de femmes coquettement parées comme partout. Enfin, pour comble de prosaïsme, les derviches tourneurs, selon M. Émile Guimet qui les a vus, ne tournent plus guère à cette heure , craignant les courbatures, et tournent moins aux sons de leur flûte classique, qu'à l'aide « d'un orchestre composé d'un excellent basson , d'un hautbois et de tambourins jouant des airs de valse o.
Voilons-nous la face. Pourtant à côté de cette fausse Égypte qui n'est ni orientale ni occidentale, il y a, représentée par des instruments de musique, l'Égypte mahométane, la seule qui nous intéresse au.point dc vue de l'art. Salut à ces instruments, conservateurs des mœurs et de la poésie du peuple oriental t Voici les lyres et les tambouriné du pays Nubo-Soudanique ; la lyre à cinq cordes des pays barbaries ; les rabelab pour accompagner les chants arabes ; les tambourins qui marquent le pas des danseuses ; les mousmars , sortes de clarinettes ; les flûtes de roseau et d'ivoire; les cornemuses des tribus arabes de la région du Cordofau ; les cornets de corne d'antilope et de défenses d'éle-
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pliant en usage chez les Schelonlis , sur les bords du fleuve Blanc ; les cornets reconvei ts de peau , en usage chez les nègres Dinka , sur les fiords de ce même fleuve; les tambourins et les lyres du Cordofau ; les tambours en bois et en terre , en usage, chez les Tinkaonis ; enfin les violons recouverts de peau de gazelle et ornés de têtes à cornes et de têtes d'hommes,— ce qui est, parfais même chose , dirait le joyeux Paul de Cock , — et. don 1. on fait u il usage plus ou moins harmonieux chez les Nianni-Niams et chez leS Tinkaonis. J'en passe , pour ne pas répéter. des noms que nous avons vus figurer plus haut dans l'empire Ottoman.
De la musique égyptienne on peut dire une chose : elle est bien rhythinée. Et ce n'est pas là une qualité minime puisqu'il est bien vrai que, privée de rhythme, la musique, suivant la comparaison d'un philosophe , ressemblerait à une langue où les mots, se succédant sans être enchalnés par une loi qui les lie entre eux et les ramène à l'unité , ne formeraient dès lors aucun sens.
RÉGENCE DE TUNIS.
Rien dans Tunis que nous ne connaissions déjà : guitares, violons des noirs , cymbales , tintes , flageolets , tambours, castagnettes. Quant ale musique tunisienne, nous reportons nos lecteurs à ce que nous avons dit eir'parlaut du café de Tunis (page 284).
Et maintenant il me reste, avant d'entrer dans le monde actuel, des instruments de musique fabriqués par les différentes nations civilisées en vue de l'exécution de la musique moderne, à vous prier de remonter le courant des siècles, pour vivre quelques moments de la vie musicale des peuples éteints aujourd'hui , ou transformés.
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