Basse 5 cordes

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« L'harmonica dont ils se servent est tantôt en plaqués de bois tondre, tantôt en plaques d'airain. Ils ont plusieurs espèces de violons, dont le plus petit est formé d'une moitié de coco fermée par de la peau du serpent boa; il rend des sons criards et très-aigus. Leur guitare est presque aussi agréable que celle d'Europe. Ils ont plusieurs espèces de flûtes, une entre autres dans laquelle on souffle par le nez. Outre les grandes cymbales, ils en ont encore une petite espèce dont le son aigu et perçant est d'un très-bon effet. Leurs tambours sont faits de peau de boeuf; ils en ont de cinq espèces, dont quelques-uns ressemblent à un cône allongé, et ne se frappe que d'un côté. Dans leurs cérémonies funèbres, ils se servent d'une sorte de clarinette dont le son est vraiment très-lugubre. Le talché est un instrument très-curieux : c'est comme une longue guitare à cordes métalliques; elle est posée à terre, et les damei' des princes dont les doigts sont munis de grands ongles postiches, en tirent des sons assez forts et agréables. v
Voilà pour les instruments. Voyons, maintenant, ce que le digne et intelligent évêque de Siam pense de la musique merde des Siamois :
d Le caractère de la musique des Siarnoisest la volubiliteljointe à l'expression; néanmoins, quelqu'un qui l'entendrait pour la première fois n'y verrait peut- être que ce que nous appelons en France des roulades et des ritournelles : car, en effet, ils répètent souvent , et presque à satiété, certaines phrases musicales; mais ce n'est pas sans motif, c'est pour impressionner plus vivement les auditeurs.
C'est bien là le cas de M. de Méritons. Mais n'est-il pas évident qu'il n'a pu comprendre à une audition unique cet art nouveau où la volubilité s'associe à l'expression — et au mélange des timbres aussi, sans doute, — et dont les phrases répétées presque à satiété ne le sont que pour impressionner plus vivement l'auditoire ?
Il ne faut pas plus condamner les accusés sans les entendre, que les musiciens après ne les avoir entendus qu'une fois , surtout quand ces musiciens jouent une musique inconnue avec des instruments également inconnus. J'ai cru comprendre ailleurs , par les récits de voyage d'un Anglais à Siam, que, dans les représentations lyriques de ces peuples, ils jouent rarement en tutti, et que le plus souvent chaque sorte d'instrument est affecté à Paceompagnement de tel ou tel personnage de la pièce. Il en était ainsi dans nos premiers opéras européens. Par exemple, nous voyons dans l'Orphée deMonteverde, ce génie hardi qui, sans le savoir peut-être , a transformé l'art des superpositions harmoniques en posant le rapport de la note sensible avec le quatrième degré , c'est-à-dire en créant les dissonances naturelles, et, par suite, en ouvrant à l'imagination la voie féconde et riche des modulations,
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nous, voyons, disons-nous, dans l'Orphée de. Monteverde , l'orchestre divisé en autant de fractions qu'il y a d'acteurs. Ainsi, Orphée ne chante jamais qu'avec accompagnement de deux contre-basses de viole; le moins gai des mariniers, le sombre Caron , entonne dans sa périssoire ses chants de mort avec accompagnement de... deux guitares ; Pinfortunée Proserpine , la plus mélancolique des femmes enlevées, promène doucement sa voix à travers les notes sou tenues de trois basses de viole ; Pluton , l'infernal et puissant monarque, puisqu'il a pour fidèles sujets les chenapans du monde entier, Pluton est annoncé par quatre trombones, qui seuls lui servent d'accompagnement ; enfin, les choeurs des esprits infernaux poussent leurs tranquilles vociférations avec accompagnement de deux orgues, — l'instrument religieux par excellence. Mais peut-être trouverait-on clans ce système abandonné, et qui aujourd'hui nous semble enfantin et bizarre, un élément dramatique qu'on a tort de dédaigner absolument.
Deux lignes encore de citation, et nous aurons clos cette petite étude sur les Siamois et leur musique :
Les chansons des Thaïs sont de deux sortes : les unes célèbrent les exploits des anciens héros; les autres sont des couplets amoureux qui, sous un voile allégorique et honnête , recèlent un sens lascif et impudique.
N'oublions pas que c'est un évêque qui parle ainsi, et que peut-être il exagère un peu, dans sa juste susceptibilité, de ces chansons.
Faisons maintenant, si vous le voulez bien, voile pour Constantinople , où nous ne vous parlerons pas des opéras italiens qui s'y jouent par des chanteurs plus ou moins italiens aussi, mais où nous nous arrêterons un moment pour étudier la musique nationale et les instruments du cru.
L'EMPIRE OTTOMAN.
Le illceh et Allah! Mohammed recoul Allah! Il n'y a qu'un Dieu I Mahomet est le prophète de Dieu I...
C'est possible ; je n'en sais rien, et cela m'est égal.
Ce qui m'intéresse dans cet empire ottoman , ce sont d'abord ses curieux instruments de musique ; c'est ensuite tous ses produits de
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couleurs vives et variées, qui se présenteM à l'oeil comme une fanfare du regard , l'émotionnent , l'excitent et l'enchantent.
L'oeil a aussi sa musique, jolie musique, certainement, brillant orchestre quoique muet, dont les insteuments sont, en Turquie, les tapis d'Ouchak , près de Smyrne ; ceux de Koniah ; les étoffes veloutées pour tentures à fond violet', rehaussées de larges fleurons d'or qu'on fabrique à Constantinople ; les tapis de soie blanche ou cerise, dont les broderies d'argent et d'or sont destinées à recouvrir les se frac de cuivre jaune sur lesquels on sert le café; les étoffes pelucheuses nommées ehram , au ton rouge, mat et puissant , vibrant à l'oeil comme sac cymbale à l'oreille ; les poteries ravissantes de Djeddah et de Bagdad, au ton gris, tendre, mélancolique, dit à l'hydroeérame dont elles sont fabriquées' ; les bois peints , sculptés et gravés de la Mecque, aux bariolages coquets ; les chapelets d'ambre dont les dames levantines se font des bracelets; les essences qui les parfument au bain ; PiNaire de ces jolies boîtes à odeur, en forme d'oeufs ou de glands; les cages peintes et dorées, qui feraient aimer la prison aux oiseaux, si la prison pouvait jamais être aimée d'aucun être: les éventails et les chasse- mouches de palmier ; les narghileh en argent massif, avec des ornements repoussés; les imans, ou bouquins pour la pipe à tuyau de bois; les objets d'orfévrerie d'un goût si pur, souvent; les longues carabines incrustées de corail vert ; le fameux fusil à mèche, à cinq coups, l'aïeul du revolver, envoyé à l'Exposition par le pacha A'ali-Yaver, , etc., etc. Voilà ce qui m'intéresse, avec mille autres choses encore : les costumes, l'architecture, les moeurs, dans cet empire ottoman , qu'on pourrait appeler l'empire de la couleur, de la forme, du pittoresque, de la poésie et du mystère sentimental.
Que de fois, l'an passé, me suis-je arrêté dans ce parc merveilleux de l'Exposition, — univers en miniature, — devant les constructions turques! Elles étaient au nombre de trois : une mosquée (djami) , un kiosque du Bosphore, un modèle de bain,
La mosquée offrait une réduction scrupuleusement exacte, tant dans son ensemble que dans son ornementation, de l' Yéchil-Djami (la mosquée verte), fondée par Mohammed ler, en 1412 de l'ère chrétienne. Le kiosque , qui se trouvait bâti près du grand temple égyp-
4. Rien de charmant et d'original comma ces vases au long col do cigogne, autour duquel pendent des anneaux. Comine des grelots, ces anneaux résonnent én cadence aux pas des jeunes filles qui les portent sur la tète, et shuntent en allant à la fontaine.
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tien, représentait une ancienne maison de plaisance. Il faut se figurer ce -kiosque , non point. transplanté en quelque sorte à Paris, où il ne s'acclimaterait jamais , mais sur son véritable terrain, et tel que nous le peint S. Exe. Salanddin Bey, un véritable poète. Qu'on s'imagine donc ce kiosque à Scutari de Constantinople , par exemple , au fond du yeti d'un haut fonctionnaire ottoman. En sortant du léger caik , qui remplace avantageusement dans la capitale de l'empire ottoman la voiture parisienne , on traversera, pour y arriver, en marchant sur le sable fin d'une allée de rosiers en fleurs, un jardin enchanté, rem point plat comme ceux d'Europe , ou simplement orné de quelques terrasses , mais à mille étages, d'où la vue s'égare au loin, planant à la fois sur la mer Noire et sur la mer de Marmara. Quel panorama que la ville d'Islambol , avec ses minarets sans nombre dont le faite aigu s'élance jusqu'au ciel I La vue n'a d'autres bornes à l'horizon que la ligne droite au bout de laquelle s'unissent le ciel et la mer. Voilà le tableau. La magie de la poésie continue en revétissant un autre caractère, si vous entrez clans le kiosque, et que; tout en fumant le narghileh avec le maître du logis soulevé à demi sur les coussins d'un large et beau sofa , vous écoutiez les chants arabes et les improvisations des ehin'ara ou musiciens musulmans ambulants.
Mais assez d'école buissonnière, et passons de la symphonie du regard à celle de l'ouïe.
Les instruments de l'empire ottoman peuvent se diviser en trois familles principales : instruments à cordes, instruments à vent, instruments de percussion. De tous ces diveré instruments , les plus remarquables assurément, et ceux qui intéressent le plus directement le monde musical universel, ce sont les cymbales. Ces timbres, frémissants et grêles, sont précieux ; ils s'associent heureusement à la grosse caisse, et, dans certains cas, ils ont été.employés isolément avec le plus grand succès. Rien ne pourrait remplacer l'admirable effet des cymbales dans le choeur des Scythes de l'Iphigénie Cs Tauride de Gluck : Les dieux apaisent leur courroux , etc.
Les Turcs ont le secret de la composition des métaux pour la fabrication des cymbales que les Ottomans nomment zils. Un des grands fabricants de zils, aidé de ses frères, le sieur Keuropé, établiàPsammatia de Constantinople, fournit chaque année à la consommation européenne de douze à quinze cents paires de cymbales, dont le prix, estimé en
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moyenne à 40 francs ta paire , représente donc une valeur de 02,000 francs.
Quelques essais de fabrication d'instruments en cuivre ont été tentés récemment à Constantinople. Ces instruments devaient servir aux musiques militaires. Le principal fabricant, A',ali-Baba (n'ajoutez pas , je vous prie, ou les quarante voleurs), nous a soumis des échantillons de ses cuivres qui méritent des encouragements, mais ne sauraient entrer en comparaison avec les produits similaires européens.
Les instruments à cordes turcs sont des instruments de fantaisie, très• élégants de forme, enrichis d'incrustations et aussi jolis à voir qu'à entendre , si ce n'est plus encore.
Parmi les instruments à vent , il faut citer d'abord les flûtes de derviche, qui sont , je crois, le même instrument que le ghaïda.. Bien des choses contradictoires ont été dites et écrites sur ces fameux moines tourneurs, et ce qui a été fait de mieux sur eux, sans contredit, est la danse vertigineuse des Raffines d'Athènes, de Beethoven, qu'on joue au Conservatoire avec un succès qui ne s'est jamais affaibli. Les derviches ont-itsété aussi corrompus de moeurs qu'on l'a dit ? Je ne le crois pas. Si le célèbre grand-vizir Kiuperli voulut abolir cet ordre , c'est moins parcequ'il ne les trouvait pasdécemmenthabillés que parce qu'il souhaitait débarrasser l'empire de ces fainéants, inutiles comme tous leurs pareils. Leur habillement est, en effet, plus grotesque qu'indécent. Ils se macèrent cruellement pour plaire à la divinité, affectent une grande humilité, cultivent la paresse et ne s'interrompent de prier que pour danser en rond au son de la flûte, en répétant à grands cris : hu ! ha! hal qui est un des noies de Dieu, à ce qu'ils disent, son prénom, peut-âtre. Ils ne cessent de tourner, de crier hu ! et de jouer de la flûte que quand ils tombent fous d'exaltation et morts de lassitude.
Mais le côté vraiment original de la facture ottomane, ce sont les instruments dits ehin'ara sagi, Bulgari, etc., à cordes pincées et à souffle, à l'usage presque exclusif des ehin'ara , ou musiciens ambulants dont nous avons parlé plus haut. Trois facteurs, dont un Turc et deux Arméniens, confectionnent ces instruments avec d'autres agents sonores plus curieux que vraiment musicaux, appelés saz , dcdré , senteur et kanoun.
Le kanoun ou canon est une sorte de harpe trigone renversée.sur une caisse sonore. On met les cordes en vibration au moyen de baguettes. Les plus belles choses , de même que les hommes les plus illustres et
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