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De ces dieux sont nés des divinités qui ont régné chacune plusieurs milliers d'années sur la terre japonaise. Toute la famille des Kouguee descend de ces divinités, et le teneshi ou mikado en est le chef auguste. A ce point de vue, le mikado appartient à l'idée religieuse, mais, ce qu'il est important de noter',. il ne lui appartient point comme ministre d'un culte. Il préside, comme descendant des dieux, au développement 'social, sous l'influence de ridée morale , artistique et scientifique, et, .comme autorité divine, supérieure à tous les cultes. En conséquence, il n'est pas le chef d'une religion spéciale, et son devoir est de les protéger toutes également.
Cet esprit de tolérance, à défaut d'autres preuves, nous dirait assez que le mikado n'est point un pontife. Il ne peut être prêtre qu'après avoir abdiqué, et M. de Montblanc nous assure que ce cas s'est présenté plusieurs fois. Néanmoins, comme descendant des dieux, il a droit à des déférences qui s'étendent même aux objets à son usage. Par exemple, la vaisselle en bois laqué dans laquelle t prend ses repas ne doit jamais avoir servi, et, dès que le mikado lui-même en a fait usage, on la brise et on la brûle. La toilette de ses cheveux, de sa barbe et de ses ongles se fait pendant son sommeil, véritable ou supposé.
Comme souverain, le mikado est entouré de hauts dignitaires, tels que conseillers d'État, ministres, etc., qui centralisent tout ce qui a rapport à l'ordre général: Le mikado régnant prend le titre d'empereur régnant, et son nom impérial n'est connu du peuple qu'à sa mort. Ordinairement il désigne son successeur. Des femmes 00 t régné, clos ascendants ont succédé à des princes plus jeunes, des cadets à leurs aînés.
Aux besoins du mikado sont affectées les recettes de la ville de Kioto, où il réside. Lé mikado n'a point de domaine particulier, et sous son autorité fictive règnent les daïmios, ou, pour parler plus exactement, les divers souverains de chaque État confédéré.
En effet, le nom de daïmios, qu'on donne aux souverains d'État, désigne la haute noblesse en général et s'applique à divers personnages. Ainsi les officiers supérieurs des chefs d'État partagent avec ces derniers cette même appellation. Le titre distinctif des chefs d'État est kokonshi, kokshi ou taishion, pour ceux du premier ordre, et totizama pour ceux que leur territoire moins étendu oblige à se grouper autour d'un centre puissant.
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H y a dix-neuf kokoushis, dont vous trouverez tous les noms dans la b'rocliure de M. de Montblanc, et les touzamas sont au nombre de quatre-vingt-deux. Les kokoushis possèdent dans leurs États une indépendance complète. Ils administrent sans aucune immixtion étrangère, gouvernent par des ministres spéciaux sous le nom de haros, lèvent des impôts, — cela va sans dire, — rendent la justice et possèdent à la cour de leurs pairs les autres souverains d'litat, comme aussi à celle du mikado, des agents accrédités.
Les touzamas sont des petits seigneurs, maîtres sur un petit territoire, et dont l'importance individuelle est minime.
Passons au taïkoun. Je ne saurais mieux faire pour en préciser le caractère et les attributions, que de transcrire littéralement ce qu'en dit M. de Mon tblanc
« Le shiogounc, que les étrangers nomment plus communément taïkoun, est le général commandant les troupes fictives du mikado. Cette dignité n'était autrefois effective aine dans certaines circonstances seulement, dans le temps où le mikado avait encore un territoire. Depuis bien des années, elle n'est plus qu'honoraire. C'est cependant ce titre que les étrangers ont traduit par la qualilication arbitraire d'empereur temporel.
a Unira taMoun n'est pas japonais; à plus forte raison n'y a-t-il eu jamais de taïkoun du Japon. C'est une désignation d'étymologie chinoise. Le titre porté par les derniers princes de Yeddo est, comme nous l'avons dit, shiogoune, ou inieux seishiogoune, qui veut dire littéralement : général chargé de refouler les étrangers. Il est curieux de constater ici le véritable sens du mot, en opposition avec le sens que se plaisent à lui donner les Occidentaux. v
Sous une apparence aristocratique, l'organisation sociale, au Japon, est essentiellement démocratique. Du grade inférieur, accessible à tous dans l'administration, les échelons montent jusqu'au ministre. Aucune barrière n'est opposée au mérite, et l'ambition est toujours justifiée par le talent. En outre, la noblesse n'étant pas exclusive et restreinte à la naissance, chacun peut y prétendre. Les Japonais, dit l'auteur de la brochure qui nous occupe, sont persuadés que l'aristocratie libre est le développement naturel de l'égalité démocratique. Celle-ci donne à tous les mêmes droits ; celle-là constate la variété des efforts réalisés par chacun.
Quant à la liberté individuelle et collective, elle parait être grande au Japon. heureux Japon! L'ordre municipal qui le régit repose sur une organisation toute démocratique. Dans les villes, chaque rue représente un rudiment de commune ayant ses chers et ses gardes. Les
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chefs sont élus par les administrés, parmi les propriétaires de la rue. Ils sont acceptés sur la présentation des habitants, et choisissent à leur tour plusieurs d'entre eux pour former prés du gouvernement un conseil d'administration. En dehors des villes, l'organisation est la môme pour chaque groupe d'habitations. C'est l'administration locale qui maintient l'ordre.
Les contestations ou les crimes donnent lieu à l'intervention municipale, qui d'abord instruit l'affaire, juge dans les moindres cas, ou en réfère à l'autorité supérieure dans les cas plus graves. Le gouverneur, à son tour, juge ou renvoie l'affaire au ministère, auquel il est toujours permis d'en appeler. Le mariage, la naissance, l'adoption, la mort et le divorce sont des événements de famille dont on donne simplement connaissance au gouvernement qui les consigne. L'héritier succède directement à son père, et les filles n'apportent point de dot à leurs époux, ce qui fait que les hommes ne se vendent point aux femmes, comme cela icrive si souvent dans notre belle patrie.
On le voit, les Japonais possèdent des éléments sérieux d'avenir, malgré de notables imperfections dans leurs institutions. Parmi ces imperfections, M. de Montblane signale comme les plus facheuses : la confusion des pouvoirs, h manque (le lien défini dans les rapports généraux des gouvernements et l'a.bitraire administratif, tempéré, il est vrai, par des moeurs sociales pleines de justice et de respect pour l'individualité.
La population du Japon parait ètre de quarante millions d'habitants, répandus sur les quatre grandes îles de Kioushiott, Sikokon, Nipponne, Yeuse, et sur un grand nombre de petites fies latérales.
Comment supposer chez un peuple de mœurs aussi tranquilles et en possession d'une semblable civilisation, un goal aussi perverti pour la musique que l'assure M. Francis Magnin 9 Pourtant les impressions de M. Magnin se trouventappuyées par ce fait dont un voyageur américain assure avoir été témoin. ,‘ J'ai rencontré, dit-il, un Japonais à bord d'un vapeur ; il se renferma dans sa cabine pour jouer du suctensia. D (Le petit Japonais de mon ami Mareuse écrit chaniisen et non syconsia; maispeu importe.) e Le syamsia est une espèce de guitare à trois cordes dont deux sont accordées à l'octave, et la troisième à la dominante. Le manche de cet instrument avait deux pieds de long. » (Mon autorité, le petit Japonais de Mareuse, veut que le manche de'cette guitare soit toujours court.) a Le corps était formé d'une carapace de tortue sur le creux de laquelle résonnaient les trois cordes. Le Japonais
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les mettait en vibration au moyen d'une lame de corne, petite, étroite et très-mince, qu'il tenait avec grâce entre le pouce et l'index de la main droite. Notre artiste joua de son syamsia pendant une journée entière, presque sans interruption. Il ne se servait point de ses doigts de la main gauche pour varier ses notes, et se bornait à faire résonner les trois cordes à vide de l'instrument. De temps à autre il entr'ouvrait discrètement la porte de sa cabine à cause de la chaleur qui était suffocante. On pouvait alors le voir les yeux à demi-clos, la physionomie souriante, et comme délecté par cette musique d'une monotomie insupportable. Et pourtant cet homme avait entendu souvent les meilleurs opéras du répertoire italien, auxquels, il l'avouait lui-même, il n'avait pris aucun plaisir, préférant sans comparaison les trois successifs de sa guitare. » Est-ce là toute la musique japonaise? Je ne puis le croire, puisqu'il existe de grands et beaux' théâtres au Japon, qu'on y chante, qu'on y danse et que des aveugles au nombre d'environ vingt-cinq y forment un orchestre. Les théâtres au Japon, ,je l'ai dit ailleurs ', mais il faut bien que j e le répète ici , renferment généralement trois rangs de loges, disposés de manière à permettre aux clames de changer de toilette, car l'usage veut, là-bas, que les femmes ne paraissent pas toute la soirée au théâtre avec les mêmes habits et les mêmes parures. Les costumes des acteurs sont très-riches, et l'art du peintre décorateur est, paraît-il, poussé loin dans l'empire de l'Est.
Pour faciliter l'intelligence des pièces jouées, on distribue dans toute la salle des programmes détaillés avec les noms des acteurs. Au drame parlé, à la farce et à la musique se joint la danse dans certains théâtres. Les ballets qu'on y représente appartiennent plus particulièrement au genre de la pantomime. Dans les danses, les pieds restent immobiles pendant que les bras et le corps agissent de plus en plus vite, offrant à Pauli toutes sortes de poses gracieuses ou bizarres.
le suis loin de croire que tous les instruments de musique japonais fussent représentés à l'exposition de 1867. Je n'y ai vu qu'une flûte à huit trous que le petit Japonais de Marcuse nous a dit s'appeler un fié, et une espèce de violon se jouant avec un archet grossier, appelé, — toujours d'après la même autorité, — cokiose. Mais notre petit guide nous a vanté le cota, harpe plane, et le sitilicou, sorte de petit orgue à bouche qui fait, aux lies de Liou-Kiou et un peu partout dans la confédération japonaise, les délices du monde élégant.
I. Los Civilisations. inconnues, fort volume in-18. Paris. Pagnerre, éditeur, 48, rue de Seine.
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ROYADIVIE DE SIAM.
le pays que nous nommons en Europe Siam s'appelle MinanyThai, c'est-à-dire le royaume libre. Son ancien nom était Sajant, ce qui veut dire race brune, d'où vient le nom de Siam.
Les instruments de musique siamois, nombreux et si remarquables de forme, que j'ai vus exposés au Champ-de-Mars , ont piqué vivement ma curiosité, et m'ont donné une irrésistible envie de m'instruire sur cette nation, moins connue encore peut-être que le Japon.
Aussi bien, nous croyons l'avoir déjà dit, pour juger de l'esprit artistique d'un peuple, pour juger de sa musique surtout, il ne suffit pas de voir Ses produits, il faut connaître ce peuple, être à même d'apprécier ses moeurs, ses coutumes, étudier son climat, etc.
Malheureusement les livres sincères et réellement instructifs sur Siam sont introuvables.
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