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ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 177
« sages, et qu'ainsi une femme sage n'en serait que plus propre .à de« venir savante, ou qu'une femme savante n'étant telle que parce « qu'elle aurait pu vaincre beaucoup do défauts, n'en est que plus sage. » N'est-ce pas justement faire l'apologie de l'exercice des facultés de l'entendement chez la femme, tout en constatant les raisons qui l'empêchent généralement de se livrer aux fortes études? N'en déplaise à Bossuet, les femmes qui lisent ou qui font de l'art par vanité .comme elles se coiffent, se coifferaient deux fois au lieu d'une si on les privait de lecture, de musique ou de peinture, et celles qui ont réellement le goût des lettres et des beaux-arts n'oublient pas pour cela de se coiffer, pour peu qu'elles aient quelque dignité de leur propre personne. Sans doute il faut déplorer les esprits superficiels, hommes ou femmes, qui ne voient dans la lecture , comme dans la musique et la peinture, qu'un moyen de vaine satisfaction d'arnour-propre ; mais il faut louer grandement les femmes d'un esprit supérieur qui lisent pour s'instruire , écrivent quand elles se sentent les aptitudes de l'écrivain , et savent, par un talent acquis, se rendre plus agréables dans le monde et, au besoin, utiles à elles-mêmes et à leur famille. Que de femmes, en effet, éprouvées par des revers de fortune, ont trouvé dans la musique, dans le dessin, dans la peinture, dans les lettres, le moyeu de s'affranchir et d'affranchir leurs enfants des horreurs de la misère ! La misère, voilà le grand danger pour la femme , et c'est à le prévenir honnêtement et dignement qu'il faut s'attacher. Art d'agrément aujourd'hui, art d'utilité demain peut-être, car l'instabilité est la loi des choses humaines !
Voyons ce que peut devenir, sur l'océan du monde, la fille élevée dans une aisance relative , qui, tout à coup, se voit privée de direction et d'appui : ces naufrages sociaux se comptent par centaines, bêlas ! dans les grands centres de civilisation, tels que Paris et Londres. Si elle est en possession d'un art, cet art lui servira de radeau, il sera la planche de salut sur laquelle elle voguera sans crainte de sombrer , quoique exposée à de fréquentes bourrasques, jusqu'au jour où s'ouvrira pour elle un port de salut. Mais que la naufragée du destin n'ait pour elle que sa jeunesse, sa beauté, sa douce ignorance et ses sentiments honnêtes, la voilà livrée au monstre qui la guette : Moloch de dépravation et de ruine, contre lequel elle peut à peine essayer de lutter un moment. Son arme est une aiguille I On en rit.
La voilà , fille d'artiste , d'écrivain , de savant, de magistrat,
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d'avocat, de fonctionnaire, sans parents et sans autre héritage qu'un nom honorable à faire respecter, improvisée par le malheur couturière dans un atelier. Aht c'est alors que viendront les amers et inutiles regrets d'avoir dédaigné d'acquérir un de ces talents d'agrément, dont l'utilité se fait si vivement sentir à !'heure des épreuves. Épreuves suprêmes, combats infernaux dont les champs de bataille s'appellent déshonneur ou misère. Un frisson d'épouvante et d'horreur glace tout notre être en songeant au dénuement sordide, inique, révoltant, de ces femmes, véritables machines humaines, dont la vie s'use à augmenter l'insolente prospérité de la fortune publique un peu partout, mais plus particulièrement en Angleterre. Oh 1 cette chanson de la chemise, quelle vertigineuse et horrible réalité! J'en veux citer trois couplets, trois couplets seulement sur le grand nombre.
Couverte de haillons sordides ,
Une femme, aux doigts rompus, usés , Aux paupières alourdies, rougies, Tire son aiguille et son fil,
Elle coud I elle coud t elle coud I
En proie à la misère, à la faim.
D'une voix brisée par la souffrance,
De la chemise, elle chante la complainte.
Travailler ! travailler 1 travailler! Dûs que le coq commence à chanter, Travailler! travailler I travailler !
Jusqu'à ce que les étoiles commencent à briller.
Oh ! si des enfants du Christ ce labeur est le lot,
N'est-ce pas être esclave
Sur la terre musulmane,
Où la femme n'a pas d'âme à sauver.
Hommes entourés de soeurs chéries ,
Hommes caressés par des mères, par des femmes aimées ,
Ce n'est pas de lin que vous êtes vêtus, Mais bien de la vis d'humaines créatures En proie à la misère , à la faim,
Qui, d'un double fil,
Cousent , cousent, cousent
A la fois une chemise et leur linceul.
horrible 1 horrible! horrible ! comme aurait dit Shakespeare. Tant que la science sociale n'apportera pas un remède radical à de semblables malheurs, les femmes, du moins, trouveront dans la culture des beaux-arts un moyen de les éviter.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 179
Dans toua les arts, les femmes ont excellé, et c'est avec orgueil que l'histoire de l'esprit humain, dans ces dernières années, — pour ne pas remonter plus haut, — a inscrit les noms, désormais ineffaçables, de Rachel, de George Sand, de Rosa Bonheur, de Malibran, de Mars, de pleyel,deblilanollo, de Sontag, de Ca rvalho, etc. Ces noms, sidistingués, parlentà nos imaginations autant qu'à noscceurs ; les citer, c'estrépondre aux théories de ceux qui voudraient parquer la femme dans l'ignorance et le matérialisme , qui, pendant tant de siècles, ont fait de la moitié du genre humain l'esclave avilie de l'autre moitié.
Qu'on me pardonne cette digression un peu bien longue sur les beaux- arts et la femme. Le sujet nie tenait au coeur, et la présence des gracieuses élèves de chant qui nous sont arrivées d'Angleterre était bien fait, on l'avouera, pour fortifier en moi l'estime et la sympathie que la forte moitié de l'espèce doit à la plus faible.
Nous aurons clos ce chapitre quand nous aurons donné la liste des prix obtenus aux différents concours de la section chorale, et fait assister le lecteur à la distribution des récompenses.
Concours International d'excellence.
Cr prix (5,000 francs et une couronne de vermeil).
38 votants. —40 voix par suite de deux ex &quo,
Société impériale des orphéonistes lillois. 29 voix.
Société la Legia. 4 —
Société Roland de Lattre de Hall. 4 —
Société l'Union chorale de Lille. t —
Bulletins nuls portant seulement ce mot : Lille. 2 —
Total. 40 voix.
2' prix,
33 votants. — 34 voix par suite d'un ex (quo.
La Legia. 20 voix.
Société Roland de Lattre de Hall. Il —
Société l'Union chorale de Lille. 2
Bulletin nul. —
Total. 34 voix.
Le jury a décerné une couronne de vermeil à la Société Tonie sol fa , de Londres , qui a été entendu hors classe, étant composée de femmes et d'hommes.
480 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
LESTM MIES PEUX. Division internationale.
1" prix : Société impériale des orphéonistes de Lille, directeur M. Boulanger.
2' prix . la Legia de Liége, directeur M. Vercken.
Division française d'excellence.
1" prix : (2,000 francs et une couronne de vermeil), Société impériale des
orphéonistes de Lille, directeur M. Boulanger.
P prix : (grande coupe et médaille de vermeil) , Union chorale de Lille, directeur M. Larsonneur.
3' prix : (vase d'argent et médaille de vermeil) , Les Enfants de Lutèce , directeur M. Gaubert.
e prix : (bâton d'ivoire et médaile d'or) , l'Avenir de Marseille, directeur M. Bertot.
DIVISION SIIPIIRIEU1113.
1`. section.
1" prix : la Parisienne, directeur M. Dubois.
2' prix : les Neustriens de Caen, directeur M. Lechangeur. 3° prix : la Chorale de Poitiers, directeur M. Puisais.
2' section.
1" prix : ex cepa : Choral parisien, directeur M. Minard; Chorale du Mans, directeur M. Van Ghèle.
2" prix : Ensemble de Paris, directeur M. Damas.
3. prix : les Enfants de Choisy-le-Roi, directeur M. Legrand.
4* prix Société Trophyme, de Mondragon, directeur M. Marron.
Ire DIVISION.
1" prix : Orphéon bitterois de Béziers, directeur M. Viguier.
2" prix : Orphéon de Tarascon, directeur M. Allègre.
3' prix : Ecole militaire de Gymnastique de Joinville-le-Pont , directeur M. Vigneau.
4° prix : le Choral le Louvre, directeur M. Baslaire.
5' prix : Orphéon de Villeneuve-les-Avignon, directeur E. Borty.
6' prix : les Enfants de Beauvais, directeur M. Prévost.
2. invisioN.
1." prix : Société chorale de Nantes, directeur M. Peres. 20 prix : Orphéon de Bédarieux, directeur M. Roger.
ET LES INSTRUMENTS DE- MUSIQUE. 161
3° prix ex coque : Chorale de Maubeuge , directeur M. Guillet; Allobroges
do Paris, directeur M. Boirard.
4' prix : Orphéon de Provins, directeur M. Elle Baye.
5° prix : Orphéon de Neuville-sur. Saône, directeur M. E. Guimet.
6. prix : Choral Saint-Bernard de Paris, directeur M. Morand. "T° prix : Choral Saint-Jacques de Paris, directeur M. Mellé. 8° prix : Orphéon de Laval, directeur M. Couturaud.
9° prix : Neusttienne d'Orbec, directeur M. Lilman. 10° prix : Lyre de Crest, directeur M. Albarel.
11° prix : Cercle orphéonique de Condom, directeur. M. Bondu. 12. prix : Orphéon d'Argenteuil, directeur M. Lambert.
3° DIVISION.
4. section. — Groupe A.
1" prix : Choral Saint-Jacques de Castres, directeur M. Sauvaget. 2' prix : Orphéon de Tisane, directeur M. Donadieu.
3° prix : Choral de Saint-Maixent, directeur ?& I3ernazay. 4° prix : le Kremlin de Gentilly, directeur M. Relia.
5° prix : Philharmonique de Condom, directeur M. Frcemer.
Groupe B.
• or
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