Le travail de la dexterité
Retour à l'index la-basse.eu
de nom pour cela: on ,dit fit die, ré diète, &c. fi bémol, 7111 bémol, &c.
11 faut cependant reconnoĆ®tre à préfent toutes les touches du Clavier comme ayant chacune fon dièfe & fon bémol: par exemple, le bémol de mi fera dans un autre cas le dièfe de ré; qui plus dl, repent devenir dièfe de fi, & ce même fi petit devenir bémol d'ut, ainfi de tout le relie.
Veut-on rendre majeure une tierce mineure! il faut monter la touche fupā¢rieure fiir fon dièfe, ou defcendre l'inférieure fur fon bémol; & pour rendre mineure la majeure, on defcend la fupérieure fur fon bémol, ou l'on monte l'inférieure fur fon clièfe.
Si la touche qu'on veut montei'eft un bémol, celle dont 'elle porte le nom eft cenfée fon dièfe; de intme que fi elle eft dièfe; celle dont elle porte le nom eft cenfée fou bémol : & quand les notes fe réduifent ainfi au naturel, on les daigne le plus fouvent avec un béquare.
Comme la fixte eft renverfée de la tierce, elle fuit les mêmes loix, en remarquant que le renverfement du majeur produit le mineur, Sc que celui du mineur produit le majeur; ce dont on peut déjà s'être aperçu dans les gammes, où le renverfement de ⢠la frai quinte, diminuée, produit le triton, c'efl-k dire, quarte flpreue.
Les demi-tons formés d'une note dont le nom ne change point font mineurs, & ceux qui font compofés de deux noms (Herm, Comme fi ; la, fi Gernol, &c. font majeurs; difrérence inutile à reconnoĆ®tre (Jans la pratique, abfolument 1xtrlant; cependant les curieux de l'efret que produit cette différence, pourront s'en inflruire dans mes ouvrages de théorie.
X.* LEĆON.
Rapport du Ton mineur arec le majeur dont il &rire.
EXEMPLE C, page r.
(band j âi dit qu'on pourroit imaginer tous les Tons compris
DE MUSIQUE PRATIQUE. 37.
dans Li gamme diatonique N, c'efi que cela efi effeeivement: cette gamme donne le Ton majeur contenu dans l'oélave d'ut , appelé pour cette m'Ibn tonique; c'eft le feul que nous tenions direélement de la Nature, bien qu'elle en fané naĆ®tre un mineur à la faveur de fon renverfement ; d'où l'on peut déjà conclurre qu'ils doivent avoir un grand rapport entr'eux.
En effet, prenez la gamine diatonique en defcendant depuis la note la julipià fon octave; ft vous y éprouvez un fentiment tout différent de celui qu'on reçoit de la mémé marche, à commencer & finir m⢠ut, vous n'y voyez pas moins les mêmes notes & les mémés rapports communs à l'un & à l'autre ordre.
différence du fentiment éprouvé dans l'un & l'autre ordre ne vient que de la tierce de chaque tonique, tierce qui d'un cōté. majeure, & de l'autre mineure; aufli ell-ce fur la dierence du genre de ces deux tierces qu'en établie celle des deux Tons.
Cependant , lorfqu'on monte l'oélave diatonique de kt, on ajoĆ»te un diùfe à fr & à pl, pour rendre Cl marche pctreille à celle du Tou majeur en montant, pour y faire trouver en un mot la note knfible, finis laquelle le Ton n'amok aucune finale abfolue; la Nature ne fe défifiant ici de fes droits que dans la feule tierce de la tonique, d'où fuit le genre de la lixte; en defcendant feulement.
On reconnoĆ®t ce rapport du Tou majeur avec le mineur, dans la tonique du majeur qui fruit toĆ»jours la tierce mineure de la tonique du mineur, ce qu'il Pan avoir clans la fuite tréspréfent à requit ; & pour s'y accoĆ»tumer, , il ne finit jamais exercer un Tou fans fe dire, je fuis clans tel Ton, relatif à tel autre. En exerçant le Tou d'ut, Ixur exemple, il finit Ce dire dès-àpréfènt , je fuis dans le 'l'on majeur d'ut, relatif au mineur de la; & en exerçant celui-ci , on fe rappellera également fon majeur relatif.
(x) leçon, pare .29.
E
CODE
XI.` LEĆON.
Des Cadences,
EXEMPLE D, page t.
En Mutique on appelle Cadence tout repos de chant (y), qui eft toĆ»jours cenfé fe terminer fur la tonique, quoiqu'il fe termine fouvent aufli fur la dominante-tonique.
Les trois notes fondamentales du Ton compofent toutes les cadences, qui pour lors fe réduifent à deux. -
On appelle cadence parfaite le ixtflitge d'une dominante à fit tonique , où cette dominante porte toĆ»jours l'accord fenfible, dont elle dl B. F.
On appelle cadence irr4nliére le l'Aise de la fous-dominante à ft tonique, où pour lors on ajoĆ»te une fixte majeure à l'accord parfait de cette fous-dominante.
Comme fa tonique doit toĆ»jours être préfente dans l'accomptgnement, que c'efl toĆ»jours relativement à elle que fe décident tous les accords, j'appellerai en conféquence l'accord de féptième de toute dominante-tonique, accord free , & celui de fixtequinte ou de fixte-majeure ajoĆ»tée à l'accord parfait d'une fous- dominante, accord de feconde le tout relativement à cette tonique.
La tonique étant connue , Et fenfible, qui eft un demi-ton au clefrous , & fa feconde, qui dl toĆ»jours un ton au deflits, feront également connues.
De quelque doigt qu'on touche la note fenfible, le refle de l'accord eft fous la main : il en fera de même de la feconde toĆ»jours jointe par une oélave de la tonique (z), excepté que ft le 4. touche cette oélave, tout eft par tierces. Exemple D.
Comme l'accord parfait a trois faces, les cadences en ont autant, oit cet accord efl alternativement fitivi & précédé de fan accord de feconde & de fon fenfible, marqué d'une 4'.
Remarquons d'abord que le même doigt fe conferve toĆ»jours
(y) Chapitre I.", note de la page 2. () V111.c Leçon, paie
38
DE MUSIQUE PRATIQUE. 39 fur les notes communes aux accords confécutifs; ce qui ne fouffre d'exceptions que dans un cas ou deux, qui ne font pas de grande importance.
L'exemple donné pour le Ton majeur & le mineur d'ut, doit fe répéter plutieurs fois dans chaque face, où le dernier accord pirfait tient lieu du premier, fans qu'il faille le répéter.
Il ne faut p.tffer au mineur que lorfque le majeur dl familier.
Il ne faut avoir que la tonique préfente à chaque accord, pour prendre l'intelligence & l'habitude des deux qui précèdent prefque toĆ»jours le tien , & le fuivent fouvent , foit l'un, foit l'autre.
Il ne faut point fe fixer à l'accord qui doit fuivre immédiatement le premier, tantōt le feuille, tantōt la feconde, pour être prêt à trouver fous les doigts celui qui fe préfente au gré du Compofiteur.
a marque la cadence irrégulière, & b la parfaite.
Lorrqu'on pratique ces cadences dans les deux Tons, de manière que les doigts y marchent fins réflexion, on les applique à tels autres Tons majeurs ou mineurs que l'on veut, & dont on trouvera tous les exemples dans la XI V: Leçon.
X I LEço
Des Tons rranfpofies.
EXEMPLE .17, page 1.
Quoiqu'il n'y ait que deux Tons, le majeur & le mineur, cependant les douze notes contenues par demi-tons dans l'étendue d'une oélave , préfentent autant de toniques pour l'un & l'autre Ton: i(efl vrai que ce ne font que des degrés dont les deux premières toniques peuvent fe fervir peur fe porter plus haut ou plus bas; mais comme le plus grand agrément de la Mutique, fitā¢-tout pour peindre les fentimens, les 'mirions , exige un fréquent entrelacement de ces différentes toniques & de letts. dépendances, on ne peut fe difpenfer d'en marquer la différence par des figues, qui rendent à ces dépendances le même ordre & les mêmes rapports donnés par la gamme diatonique, ne
40 CODE
fĆ»t-ce que pour pouvoir exécuter le tout fur des inflrumens.
Les figues en queflion font les diètes & les bémols dont on arme la clef, & qu'il faut pour lors fuppofer officiés à toutes les notes placées fur les même lignes ou milieux qu'occupent ces figues. Exemples A & C.
N'ayons d'abord en vĆ»e que le Ton majeur: remarquons que fi celui d'ut n'exige aucun figue à cōté de la clef, peine toutes les notes y font naturelles, il dl impoffible d'obterver dans tout autre Ton les rapports compris chus l'étendue' de l'oélave de cet ut, fans en altérer quelques notes. .
Il n'y a que qui trouve çà note feuille à mi dans les
gammes, mais en même temps là quinte au deabus cil fauflè, lortqu'elle doit être jutle conformément à celle d'au (kflbus d'ut: aucune des autres notes n'y a ft fenfible; il faut par coequent des figues qui indiquent le tout , principalement encore lorliidon prendra des diètes ou bémols pour toniques.
Suivez la gamme Fr quintes en montant; vous n'êtes pas arrivé à fol, imaginé tonique, que vous voyez la néceflité d'ajoĆ»ter un diète à jà, pour défigner fa note fenfible: or à mefiire que vous procéderez ainfi d'une quinte à l'autre, viendra un nouveau diète pour cléfigner la note fenfible de chacune d'elle; fi bien que reconnoiffint fü pour le premier diète, vous n'avez qu'à fiiivre le là les quintes en montant , ainfi , fil, ut, fol, ré, &c. vous trouverez de fuite tous les diètes néceffàires; & litchant que le dernier diète dans cet ordre des. quintes eft note lènfible, vous y jugerez d'abord de la tonique, & par conféquent du Ton par ce dernier diète, qui fuppofe avec lui ,tous ceux qui le précèdent.
fufliroit de marquer ce dernier diète à cōté de la clef; mais on efl dans titrage de les marquer tous depuis le premier, qui efl celui de fie; ainfi les diètes marqués, lxir exemple, fur fol , fil, ré, ut, quoique fans ordre, défignent vifiblement ré pour le dernier diète, en fuivant les quintes, fit, ut, fol, ré, & de là vous jugez le Ton majeur de lui, dont. ré dicte cil note fenfible.
Prenez la même gamme en rarognidant , où les quintes
marchent
DE MUSIQUE- PRATIQUE. 4T! marchent. pour lors en defcèndant; vous n'étés -pas ā¢arrivé à fa que vous voyez la nikeflité d'ajoĆ»ter un bémol àfi pour former fa quinte jufle: de ce bémol vous *patferez à un autre, & ainft fucceffivement les bémOls augmenteront avec chaque quinte; d'où connoifrant fi pour le premier, vous les trouverezā¢de fuite ainfi , fr, mi, la, re',.&c.
Sachant que le premier bémol eft celui de fi; Sc étanr averti que .le pénultième eft par-tout la tonique, il Weil pas difficile de la deviner. En voyant; par exemple, ā¢la clef armée de bémols fur mi, fi, ré, la, où la fe trouve le pénultième, non
felon l'ordre dans lequel je les arrange ici, mais dans l'ordre des quintes en defcendant, ou des quartes en montant, fr,. mi, la, ré; la .bémol fe reconnoit vitiblement. pour tonique. ā¢
On peut imaginer fi comme fervant d'origine aux diètes, & fa de même pour les bémols ; d'où fi, eft néceffitiremedt tonique; quand la clef n'al armée.. que. d'un bémol, ce devant être regardé pour lors comme pénultième. bémol obfervation inutile pour les diètes. ⢠-
. On applique ces tranfpofitions aux exemples 13 de liement des dominantes, comme je vais l'expliquer.
. Je fuppofe avant toutes chofes qu'op pofsède ixtrfititement la pratique des exemples B: or en fuppofant à cōté de la clef les dièfes ou bémols qui entrent dans le nouveau Ton qu'on veut exercer, & qui obligent de les employer dans tous les accords, on l'exerce fur ces memes exemples.
On commence. par le Ton de fol qui ⢠n'a qu'un' diète fur fa, ou par celui delà qui n'a qu'un bémol fur fi; de l'un otrixdre à l'autre, d'un diète comme d'un bémol on paffe à deux, à trois, puis :1 quatre, ce qui peut fere, le tout entre-mélé par ordre, fins ettliz d'un Ton à un autre qu'on n'en fente la pratique Eunilière.
Suppofer les figues à cōté de la clef, ou les y voir, je crois que c'eft tout.un ; il faut d'ailleurs exécuter la. chofe de foi-même, & fins y regarder, pour s'aflimer qu'on en pofsède partititement la pratique: on peut auffi copier les Tons qu'on veut exercer, cela doit en faciliter l'intelligence: on les trouve tous, en ce cas,
42⢠ā¢ā¢ā¢ CODE
avee.!eurs.di*.s & leurs 'Artois dans l'exemple F des cadences; XIV: Leçon.
Commencer par le premier accord ou par celui qui le fuit; c'eft tout un; il eft bon manie de varier ce début, pour cire toiljours. en. état d'exécuter tout enchaĆ®nement de dominantes , fans déplacer la main , dans quelqu'ordre que s'y préfente le premier .accord. ,
On nomme le Ton majeur avec fon mineur relatif au moment qu'on va l'exercer : fi c'efl le Ton majeur de fol, ce fol, par exemple, formant la tierce mineure de mi, ce mi par conféquent eft la tonique de ron miueur relatif; ainfi de tout le relie.
āQnand il s'agit d'une note diéfée ou bémolifée, il faut la nommer. avec .fon dicte ou fon bémol, en difimt ut de, fi Lamai, ainfi des autres. Il y a une différence totale d'utà ut diéfè, & la négligence de nommer dièfe ou bémol, quand il en eft befoin , peut jeter dans des erreurs qu'on ne prévoit pas toōjours. Par exemple, étant dans le Ton majeur de la, on auroit tort de dire qu'il a rapport au mineurde fit puifipie la eft tierce majeure de fa, '& 'qu'il n'eft tierce mineure que de dièfe: d'ailleurs
le dicte de fi doit Vitre pour lors à cōté de la clef, Sc cela peut fuaire encore jour ne- fy pas tromper, pull-que tous les fa , auffi-bien que tous les la & tous les fol, doivent étre diéfés dans le courant des accords de ce Ton majeur de la, dont fol die eft note fenfible.
Il faut ici, comme auparavant, avoir toĆ»jours préfente à l'efprit Lt note fenlible du Ton qu'on exerce, pour la répéter du doigt qui la touche, en reconnoant fon accord, ce qui ne fe pratique plus dès qu'on fe fent l'oreille bien formée fin. ce Cujet.
L'accord fenlible ne fe rencontre. plus dans les endroits de l'exemple marqués. d'une il n'appartient là qu'au Ton d'ut; mais connoifliint la note fenfible du Ton qu'on exerce , .fachant la place qu'elle occupe fous les doigts dans fon accord , voyant fa tonique former toiljours la difibnance qui doit y defcendre d'un demi-ton , Sc ixtr-dellits tout cela, l'oreille qui petit déjà ne s'y pas tromper, il cil prefilue impoflible de s'y tromper foi-méme..
DE MUSIQUE PRATIQUE. .43
Que cet enchaĆ®nement de dominantes Toit bien familier fous les doigts, pendant qu'on y joint les remarqubs prefcrites, avant que de Fer à aucun autre exercice; fitr-tout que la main ne s'oppofe jamais, par Et rondeur, au libre mouvement des doigts; ce qu'on ne fauroit trop recommander, puifilue les accords fe fuccèdent fouvent avec une telle rapidité, que le jugement S. l'oreille même la plus confommée ne ⢠pourvoient y fuiffire , fi l'habitude acquife dans une marche de ces doigts, qui devient enfin comme naturelle, n'y prévenoit le jugement.
Examinez prefilue tous les Accompagnateurs, fur-tout les Étrangers, dans des cas un peu compliqués; fouVent ils n'y touchent qu'un intervalle de tout l'accord, quelquefois même . rien que l'offive de la balle; ce qui n'eft pas toĆ»jours fufiifant pour mettre fur la voie de la modulation celui qui chante à livre ouvert. Il s'agit d'ailleurs, comme je l'ai déjà dit, de fe former l'oreille à l'harmonie pour arriver à la compofition, de gagner une habitude fans contrainte dans les doigts Our parvenir au prélude, & de preffèntir même l'accord qui doit livre tel autre accord.
Cet enchaĆ®nement' efl non feulement ce qu'il y a de plus difficile dans la pratique des accords, il fert en outre de hie a tout le relie: jugez par-là de quelle conféquence il doit etre pour quiconque a defièin d'arriver à la perfeélion. On peut néanmoins, pendant qu'on l'exerce, prendre fur la fuite des 'intelligence .dont.on fuira profiter quand il en fera temps.
La clef eft également armée pour les Tons majeurs & mineurs relatifs; ciel en partie pour cette raifon qu'il eut les avoir tous deux préfens, quel⢠que (oit celui qu'on exerce; d'autres mifons encore en prouveront la néceflité: quant aux moyens de les diflinguer, c'efl ce que nous verrons dans la fuite. Voyez l'exemple C.
LEço N. Rapport des Tous.
J'appellerai Tou régnant, celui par lequel un air débtite
. 17 ij
Retour à la-basse.eu