Théorbe, luth, guitare et basse

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Chitarrone
Grand théorbe au manche démesuré (2 mètres) permettant des accompagnements aussi fournis que ceux du clavecin (17e siècle).
Mandore
Petit luth. Mandoline
Descendante du luth dont elle a gardé la forme et les cordes couplées par deux. Les cordes sont métalliques. Elle se joue avec un plectre. Elle a seule subsisté à l'ensemble de la famille des luths, ayant au 18e siècle acquis une popularité particulière en Italie.
Guitare
Son origine est proche de celle du luth. Mais tandis que celui-ci a un développement particulièrement riche aux 16e et 17e siècles, la
Le principe de la corde frottée est répandu dans toute l'Asie et dans le monde arabe (rebab). Son apparition en Occident est difficile à déceler : l'antiquité gréco-romaine, pas plus que l'Égypte et l'Asie antérieure antique n'ont dû le pratiquer. L'invention de l'archet est légendairement attribuée à Ravana, roi de Lanka, l'un des héros du Ramayana, la célèbre légende indienne : l'origine asiatique des cordes frottées est en tout cas probable.
Vièle et Rebec
C'est sous ces deux noms que les instruments à archet apparaissent dans les enluminures et les sculptures du Moyen Age, parfois aussi sous ceux de rote ou gigue.
La vièle (ou vielle) a un corps plat et un manche séparé. (Ne pas la confondre avec la vielle à roue, où l'archet est remplacé par une roue, instrument bien plus rudimentaire dont joue le Leiermann — le joueur de vielle — du Voyage d'hiver de Schubert.)
C'est un instrument de musiciens cultivés.
Le rebec a un corps en forme de poire, sans manche.
38 Lexique musical raisonné
C'est un instrument populaire, qui subsistera longtemps dans les campagnes.
La famille des Violes
La viole est un instrument beaucoup plus évolué, qui apparaît au 15e siècle. Il s'agit en fait d'une famille complète :
Pardessus de viole (à peu près la même tessi-
Viole de bras ture que le violon)
(viola da Dessus de viole (une quarte plus bas que le
braccio) violon)
Alto de viole (même tessiture que l'alto)
Ténor de viole (tessiture à mi-chemin entre Viole de gambe l'alto et le violoncelle)
Basse de viole (même tessiture que le violoncelle)
Violone (contrebasse).
Les trois premières se tiennent sur les genoux, les autres entre les jambes, sans toucher le sol, sauf le violone. Elles sont montées de six cordes (quelquefois plus en France) ; le manche est divisé en frettes (comme celui d'une guitare) ; l'archet se tient la main en dehors tournée vers le bas. Cet instrument, particulièrement la basse de viole, a une sonorité douce et délicate, extrêmement raffinée. Il a eu de chauds partisans aux 17e et 18e siècles et on l'a longtemps préféré au violon. La famille des violes était fréquemment utilisée en « consort » (ensemble instrumental), un peu comme un quatuor à cordes.
Viole d'amour
Viole ténor munie de six cordes principales qu'attaque l'archet, et de cordes sympathiques qui vibrent par résonance, d'où une sonorité suave et un peu mystérieuse. Son nom lui vient de son origine mauresque : déformation de viola da more. Par assimilation, le hautbois d'amour, qui a comme elle le registre médian et une sonorité voilée, a pris son nom.
La famille du Violon
Il apparaît vers 1520, mais les plus anciens instruments conservés datent de la fin du 16e siècle. On admirera (une fois de plus) la
Les instruments, l'orchestre, les voix 39
science empirique des artisans d'autrefois en pensant qu'après des siècles de recherche et d'effort, entre le violon signé Linardo en 1581 et ceux d'aujourd'hui, on n'a rien trouvé à changer : tout juste ajouter ou retrancher un centimètre à la longueur, un ou deux millimètres dans l'épaisseur, améliorer les vernis, c'est tout : toute innovation s'est avérée inefficace, et la forme, les dimensions, le poids, la structure, l'assemblage (il y a soixante et onze pièces différentes collées, dans un violon) sont fixés depuis quatre siècles au millimètre près et au gramme près.
Les grands luthiers qui ont assuré la prédominance du violon sont des Italiens du 17e siècle, particulièrement dans la ville de Crémone, où travaillèrent Andrea Amati et ses fils, puis Stradivari (1644-1737) et ses successeurs.
ÉLÉMENTS DU VIOLON
— La caisse en sapin, de 3 mm d'épaisseur, galbée à la gouge et percée de deux ouies en forme d'f
— Le fond en érable.
— Les éclisses (côtés).
— L'âme, petit cylindre de 6 mm de diamètre, non collé, qui relie le dessous et le fond de la caisse, et dont la place a une grande importance pour la sonorité.
— Le manche en érable, taillé d'une seule pièce, terminé par une volute héritée du goût baroque.
— La touche d'ébène collée sur le manche.
— Les chevilles d'ébène autour desquelles s'enroulent les cordes pour l'accord.
— Le chevalet d'érable sur lequel s'appuient les cordes au centre de la table, de 2 mm d'épaisseur à l'arête supérieure, finement découpé : sa place, son épaisseur, ses dimensions calculées au millimètre ont une influence considérable sur la sonorité : c'est lui qui communique les vibrations à la table'.
— Les cordes au nombre de 4 ; 1 ou 2 en boyau de mouton ou en métal filé ; leur tension est de 30 kg, la pression exercée sur le chevalet, de 12 kg.
— Les filets décoratifs tout autour de la table (24 pièces collées).
— L'archet, de 75 cm exactement depuis des sicèles, d'une épaisseur de 6 mm au talon, 5,3 mm à la pointe, en bois de Pernambouc, pourvu de crins de cheval (le nylon a été un fiasco...) ; le tout pesant
3. Pour le violon et les instruments de la même famille, on emploie aussi la sourdine, petit appareil de corne ou de métal qui se place sur le chevalet pour en atténuer les vibrations. (Par analogie on appelle de même la pédale gauche du piano.)
40 Lexique musical raisonné
65 g. Les crins sont recouverts de collophane, résine obtenue à partir de l'essence de térébenthine, qui lui permet d'adhérer à la corde et de la faire vibrer4.
La sonorité du violon, plus riche, plus brillante que celle des violes en usage au 17e siècle, est à la fois la cause de son succès (en Italie) et de la méfiance dont il a été longtemps l'objet de la part des musiciens (« Nous appelons violes celles desquelles les Gentil- hommes, Marchantz et autres gens de Vertuz passent leur temps... et le violon... pour conduire quelques noces ou mômeries » : Philibert Jambe de Fer, 1556...) ; c'est en tant qu'instrument à danser qu'il s'introduit à la Cour (« les 24 violons du Roi »). De là, grâce à Lully, il s'impose à l'orchestre vers 1660. Ce sont des Italiens qui lui ont donné ses lettres de noblesse, en faisant de lui l'instrument de prédilection du concerto. Sa suprématie s'est alors affirmée et s'est maintenue sans défaillance depuis trois siècles.
Le violon se jouait autrefois de manière assez libre. Sa place sous le menton ne s'est établie que peu à peu. Cette place est rationnelle, et pourtant que de difficultés, pour la main gauche en particulier ! La main droite' est immobilisée par le maniement de l'archet ; le pouce gauche ne sert que de soutien ; restent quatre doigts, dans une position recourbée antinaturelle, qui les fait travailler à l'envers ; et ils ont 'tout à faire : « calibrer » la note, lui donner son brillant par le vibrato...
Alto
C'est l'agrandissement exact du violon ; il sonne à sa quinte inférieure. Loin d'en être le parent pauvre, il a son individualité, un timbre chaud, un peu voilé, plus tendre, prédisposé à la mélancolie.
Violoncelle
Il sonne à l'octave grave de l'alto. Il ne reproduit pas exactement les proportions du violon, et se tient verticalement, posé sur le sol par une pique. Il a moins de vélocité que le violon, mais une grande étendue, un son velouté et bien timbré. Malgré ses qualités, il a eu du mal à détrôner la basse de viole : en 1750, il était encore mal accepté en France, et c'est Boccherini (vers 1765) qui le fit apprécier et l'imposa définitivement.
4. Le pizzicato est le procédé qui consiste à pincer une corde avec la main sans avoir recours à l'archet.
Les instruments, l'orchestre, les voix 41
Contrebasse


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