Construire des ligne de basse métal

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prédécesseurs du Rock-progressif : fantastique, onirisme, poésie, lyrisme romantique font parties intégrantes du genre.
Un trait particulier au genre Métal-progressif est la notion de « concept-album », déjà présente dans les groupes progressifs des années 70. Voici une définition du concept-album relevée sur Internet : « Le concept-album, en somme, c'est l'unité du disque autour d'une seule thématique dont les subdivisions (morceaux ou chansons) sont autant de volets ou d'étapes suivant que le concept-album se rapproche de la fresque ou de la narration. »233. Un des premiers succès en tant que tel dans le Métal est le célèbre Operation : Mindcrime du groupe QUEENSRYCHE qui relate l'histoire d'un jeune garçon (Nikki) manipulé par un sombre personnage (le Docteur X), ce dernier le manoeuvrant à ses fins au moyen du grand vice du premier, la drogue. L'album s'écoute comme l'on pourrait regarder un film, les séquences s'enchaînent et relatent l'histoire de ce garçon, au travers duquel se trame la description et critique d'une société sous le joug de la drogue, de l'extrémisme, du mensonge, etc. Nous ne sommes pas loin ici du 1984 de George Orwell, et ce réquisitoire contre la manipulation mentale connut un véritable triomphe à sa sortie. Musicalement, l'ombre du The Wall de PINK FLoyr) (1979) n'est pas loin, cependant la pièce musicale de QUEENSICHE s'avère bien sûr plus métallique, et à l'instar du Mur des PINK FLOYD veut amener ses auditeurs à la réflexion contre l'endoctrinement passif.
Plus récemment, on peut citer dans la même veine l'album Metropolis Pt 2 — Scenes from a memory (1999) de DREAM THEATER, construit en deux actes de respectivement 7 et 5 scènes, et influencé notablement par le film Dead Again de Kenneth Branagh. Ce concept- album retrace l'histoire d'un jeune homme (Nicholas) hanté chaque nuit par la vision d'une jeune femme (Victoria). Il va ainsi tenter, grâce à l'hypnose, de comprendre la signification de cette vision récurrente. Le déroulement de l'histoire va nous apprendre le sens de cette vision, va faire intervenir bien sûr différents personnages participant à l'intrigue, et dévoiler au fur et à mesure différents indices, jusqu'au dénouement final qui peut être sujet à plusieurs interprétations.234 Dernier exemple, celui de SYMPHONY X avec son album V - The New Mythology Suite, exemple d'album à mi-chemin entre le Power-metal européen (notamment par ses différents arrangements musicaux d'approche « classique ») et le Métal-Progressif
Pour un autre bon aperçu des caractéristiques de ce genre, on peut consulter la page Internet suivante : http://lavender.fortunecity.com/hawkslane/584/ (section « L'histoire »).
233 Cf notre page déjà citée et dédiée à ce courant : http://lavender.fortunecity.com/hawkslane/584/
234 On peut trouver deux interprétations (en français) de ce concept-album de DREAM THEATER aux pages suivantes :
http://perso.wanadoo.frkteissier/Larmes/interpretations/metropolis.html http://yourmajesty.free.fr/fanclub/an/sfam.html
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(par la virtuosité instrumentale et la complexité des différents morceaux). Ce dernier revisite le Mythe de l'Atlantide et use de nombreuses références à la civilisation égyptienne et à ses divinités (Ptah, Sekhmet ...), le tout dans une description renouvelée du combat éternel entre le bien et le mal.
Comme pour nos exemples précédents, nous allons, avant de conclure sur ce point, illustrer nos propos par la présentation d'un texte-clé du concept-album de DREAM THEATER (cf Supra) et qui nous semble bien représenter notamment ce lyrisme romantico-poétique relativement présent dans ce genre. Voici « Home », la première scène de l'acte II du concept- album Metropolis Pt 2 - Scenes from a memoty235 :
Scene Six: Home
[The Sleeper] :
Shine-lake of fire
Lines take me higher My mind drips desire Confined and overtired
Living this charade
Is getting me nowhere
I can't shake this charade
The city's cold blood calls me home Home... it's what I long for
Back home... where I belong
The city - it calls to me
Decadent scenes from my memory Sorrow - eternity
My demons are coming to drown me
Help - I' m falling, I' m crawling
I can't keep away from its clutch Can' t have it, this habit
It' s calling me back to my home
SCENE 6 : HOME (Chez moi)
[Le Dormeur] :
Brille - Lac en feu. Rendez moi plus fort. Mon esprit tombe de désir, emprisonné et épuisé.
Vivre cette histoire ne m'emmène nulle part. Je n'arrive pas à m'en dépêtrer. Le sang froid de cette ville me rappelle chez moi.
Chez moi... C'est ce que je veux. Retourner chez moi... C'est là que je suis à ma place.
La ville - Elle m'appelle. Les scènes décadentes de ma mémoire.
Tristesse - Eternité.
Mes démons reviennent pour m'étouffer.
Au secours - Je tombe, je rampe. Je ne peux pas m'échapper de leur étreinte. Je n'arrive pas à m'y habituer. Ça me rappelle chez moi
235 La traduction nous provient de la page
http://perso.wanadoo.frkteissier/Larmes/interpretations/metropolis.html#home Et si nous ne l'avons déjà mentionné, on peut retrouver la plupart des textes originaux de Métal sur le site suivant : http://www.darklyrics.com/index.html
Internet
suivante :
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[The Miracle] :
I remember the first time she came to me
Poured her soul out all night and cried...
I remember I was told there's a new love that's born
For each one that has died...
I never thought that I
Could carry on with this lie But I can't resist myself No matter how hard I try
Living their other life
Is getting them nowhere
I' Il make her my wife
Her sweet temptations calls me home Home... it's what I long for
My home... where she belongs
Her ecstasy - means so much to me Even deceiving my own blood Victoria watches and thoughtfully smiles
She' s taking me to my home
Help - he' s my brother, but I love her
I can' t keep away from her touch Deception, dishonor
It' s calling me back to my home
[Nicholas] :
Her story - it holds the key
Unlocking dreams from my memory Solving this mystery
Is everything that is a part of me
Help - regression, obsession
I can't keep away from it's clutch Leave no doubt, to find out
It' s calling me back to my home [Le Miracle] :
Je me souviens de la première fois qu'elle est venue à moi. Lorsqu'elle me raconta ses déboires avec Julian toute la nuit et pleura...
Je me souviens lui avoir dit qu'un nouvel amour naissait chaque fois qu'un autre mourait...
Je n'ai jamais pensé que je pourrais continuer avec ce mensonge mais je ne pouvais pas résister. Peu importe la difficulté, je devais essayer.
Vivre leur vie ne les a mené nulle part. Je ferais d'elle ma femme. Ses douces tentations m'appelleront chez moi.
Chez moi... C'est ce que je veux. Chez moi... C'est là qu'est sa place.
Son extase - Veut tellement dire pour moi. Même si je déçois mon propre frère.
Victoria regarde et cependant sourit. Elle m'emmène chez moi
Au secours - C'est mon frère, mais j'aime Victoria. Je ne peux pas rester insensible à ses caresses. Déception, déshonneur.
Ça me rappelle chez moi.
[Nicholas] :
L'histoire de Victoria détient la clé déverrouillant mes rêves. Résolvant ce mystère et tout ce qui est une part de moi.
Au secours - Régression, obsession, je ne peux pas m'échapper de son étreinte.
Je dois partir pour comprendre.
Ça me rappelle chez moi.
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6- Conclusion
Comme nous avons pu le voir au travers de ces quelques exemples de sous-genres musicaux du Métal reliés à leurs thématiques dominantes, le champ des sujets abordés s'avère relativement vaste, mais semble également conserver une constante : celle d'un « attrait particulier pour la face sombre de la nature humaine » comme le dit Hein.236Il est à noter, si l'on se réfère à nos deux frises chronologiques (cf Annexes), que nous n'avons traité ici qu'une partie infime du genre métal. En effet, vu la multitude de spécificités stylistiques au sein du Métal, notre exposé précédent ne peut rendre compte que d'une description partielle. De plus, l'ossature des thématiques ne se trouve en aucun cas limitée comme nous le disions plus haut, l'imagination restant la seule véritable barrière vis-à-vis des sujets abordés, sujets qui ne sont pas d'ailleurs toujours faciles à démasquer dans une simple référence au texte en lui-même237 (comme nous avons pu le voir par exemple avec le groupe KORN), et dont l'interprétation peut revêtir quelquefois plusieurs facettes238.
D'autre part, il nous faut noter à l'instar de Hein239 que les thématiques du Métal ne lui sont en aucun cas exclusivement réservées. De tels penchants ténébreux sont bien sûr à relever dans toute l'histoire de l'art, le Métal, quant à lui, s'accaparant plus particulièrement cette particularité pour construire son univers. Un conglomérat « dionysiaque » et « chaotique » comme le dénomme Weinstein240, où la face sombre du monde côtoie l'onirisme de certains univers enchantés241, où la transgression revendiquée par l'utilisation de thématiques parfois tabous tend à « provoquer » dans le sens fort, c'est-à-dire tend à susciter des émotions de même type chez l'auditeur242. Ce qu'il ne faut pas oublier également et que souligne Walser243, c'est la mise en avant de tels sujets déstabilisants dans le but d'attirer et d'amener la réflexion sur ceux-ci, points que la société dominante tend à rejeter et à cloisonner dans des espaces reclus. Plus que la célébration de pratiques pernicieuses, c'est l'exploration de ces pratiques qui semblent de mise dans le Métal, dans une optique d'ouvrir
236 Fabien Hein, op. cit., p. 162.
237 « [Les thématiques du metal] ne sont pas toujours explicitement mises en musique ou en paroles. Il faut alors les débusquer à la lecture de certaines interviews, dans les pochettes de disques, dans certains articles thématiques parus dans les revues musicales spécialisées ou, plus prosaïquement, dans les propos d'amateurs de metal. », in Fabien Hein, op. cit., p. 152.
238 Cf notamment Robert Walser, op. cit., p. 139.
239 Cf Fabien Hein, op. cit., pp. 168-169.
240 Cf Deena Weinstein, op. cit., p. 35.
241 Cf Fabien Hein, op. cit., p. 168.
242 Cf Fabien Hein, op. cit., pp. 169-170.
243 Cf Robert Walser, op. cit., p. 152.
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les yeux sur tout, que ce soit vis-à-vis de domaines tabous ou de faits considérés comme répugnants.
Pour conclure sur ce point et le replacer dans un cadre plus global, on peut se poser la question suivante : Mais quelle est la réception du public dans tout ça ? Une telle question demanderait un développement à part entière, cependant ouvrons tout de même le chemin sur cette voie. Déjà, pour Weinstein
244 et pour Hein245, la majorité des auditeurs ne semble pas connaître les textes en profondeur, ils paraissent en effet plus particulièrement adhérer à un univers vis-à-vis de l'image et des dires véhiculés par les groupes. Walser réfute ce constat et argue que de nombreux fans de Métal connaissent de bout en bout les textes de leurs groupes favoris et comprennent également leur sens.246 Il faudrait bien sûr une véritable étude d'envergure pour établir un diagnostic sur ce point, mais exposons tout de même notre avis. Tout d'abord, cela tient bien sûr à la correspondance entre la langue utilisée par le groupe et celle de ses auditeurs : plus l'affinité est proche, meilleure est la compréhension — les pays anglophones s'avèrent plus aptes à connaître les textes du Métal dont la majorité sont en anglais. Le contexte géographique est donc déterminant. Mais, d'autre part, il n'est pas rare qu'un fan d'un groupe ou d'un album en particulier connaisse en profondeur sa signification, l'ait étudié sous toutes les coutures et puisse même témoigner de différentes interprétations de lecture. Nous sommes là plus particulièrement dans le contexte de Walser énoncé précédemment. Il y aurait ainsi plusieurs facteurs déterminants dans la connaissance des textes chez l'auditeur de Métal, notamment dans sa connaissance de la langue du groupe écouté, et d'autre part selon son affinité avec l'univers présenté par ce même groupe. En somme, nous voulions aborder succinctement ce dernier point pour montrer qu'au-delà des thématiques en elles-mêmes, présentes, analysables (mêmes si nombreuses), la variété de leur réception s'avère tout autant un sillon à creuser pour comprendre ce syndrome d'ambiguïté qui parfois semble étroitement lié au Métal (par exemple, l'auditeur d'un groupe de Blackmetal dont l'idéologie se révèle plus ou moins douteuse n'est pas forcément un partisan de cette dernière, son degré de perception/réception peut varier selon de nombreux critères)247.
244 Cf Deena Weinstein, op. cit., pp. 123-126.
245 Cf Fabien Hein, op. cit., note n°75 p. 191.
246 Cf Robert Walser, op. cit., p. 18.


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