le slap à la basse
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ETAT ACTUEL DE L'ART 575
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C'est dans ces )uvrages que j'ai puisé les documents essentiels, et c'est là aussi qu'on trouvera à les compléter, ainsi que dans les biographies innombrables des musiciens célèbres, dont je ne puis songer à donner ici le catalogue.-
Sans revenir maintenant à la France, qui peut tout espérer de sa jeune génération de compositeurs; sans pour- suivre l'étude de l'école russe autrement que pour ajouter aux noms déjà cités celui d'Arensky, jeune musicien aux brillantes promesses, nous voyons les nations musicales étrangères puissamment armées pour la lutte pacifique de l'avenir : la Belgique peut joindre aux noms déjà célèbres de Gevaert et Peter Benoit, ceux de.Mathieu et Gilson; l'Allemagne peut mettre en ligne, à la suite de Brandes et Max Bruch, qui paraissent ses chefs d'école actuels, Goldmark, Ignace Brull et Bumperdinck; la Norwège a Grieg et Svendsen; enfin l'Italie est brillamment représentée par : Sgambati, un grand compositeur et un remarquable symphoniste, dont les oeuvres ne sont malheureusement connues en France, que du petit nombre ; Boito, le librettiste des derniers opéras de Verdi, qui a fait lui- même acte de grand musicien dans son Mefistojele; Mascagni, dont les Parisiens connaissent la Cavalleria rusticana; Puccini, Leoncavallo, Pranchetti. Tasca et
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Spiro Samara, ce dernier de nationalité grecque et quelque peu, je crois, élève de Delibes.
Je ne pense pas qu'en aucun temps ni en aucun pays on ait jamais pu rencontrer un groupement d'artistes de talent semblable, tant par le nombre que pour la valeur individuelle, à celui que nous pouvons admirer autour de nous actuellement.
Cela tient assurément à l'extrême diffusion avec laquelle de nos jours est propagé partout l'enseignement musical à tous les degrés; jamais aussi, par la même raison, les artistes n'ont eu devant eux un public aussi éclairé et apte à les comprendre.
Mais il ne faut pas se dissimuler que cette diffusion même, dont on doit se féliciter en principe, entraîne avec elle un inconvénient inévitable, l'encombrement de la carrière. Il y a trop d'artistes, et ceux qui, n'ayant pas d'autres ressources, doivent vivre exclusivement du produit de leur art, ce qui est malheureusement le cas le plus fréquent, ont bien de la peine à se frayer leur
chemin.
Aussi, malgré les grands et beaux exemples que nous venons de voir d'hommes de génie parvenant au faîte des honneurs, de musiciens de talent dont les travaux sont couronnés de succès; malgré la séduction et la fascination qu'exerce la musique sur les esprits élevés, il faut bien se garder d'encourager les jeunes gens sans fortune à embrasser cette carrière, s'ils n'y sont attirés d'une façon irrésistible, et en la considérant comme devant leur procurer un gagne-pain relativement facile. Loin de là, c'est une carrière des plus ingrates et perfides, et la statistique des musiciens non dénués de mérite qui végètent dans les bas-fonds de la société, qui y meurent littéralement de faim, serait navrante. Quand on a été pendant près de vingt-cinq ans professeur dans cette grande fabrique d'artistes qui s'appelle le Conservatoire
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de Paris; quand on a vu de ses propres yeux le nombre effrayant'de sujets qui traînent misérablement leur vie de bal public en café-concert, pour avoir mal jugé ou présumé de leurs aptitudes; quand on sait combien vivent de rares leçons à vingt sous le cachet, pour un qui verra un jour son nom sur une affiche, on a le devoir de mettre en garde les jeunes imprudents qui veulent s'aventurer dans cette voie dangereuse, sans être marqués au front du sceau du génie.
Mais à quoi se reconnaîtra-t-il lui-même, me dira-t-on, celui qui a du génie ?
La réponse est simple.
Il ne se reconnaîtra pas, par cette raison que l'homme ne se connaît jamais lui-même, quoi qu'on en ait pu dire LE GÉNIE EST INCONSCIENT. n ne se dira donc pas : a Je sens en moi l'étoffe d'un grand maître, D ce qui n'est qu'une marque, hélas I trop vulgaire de présomption ; il n'aura pas en vue la célébrité, à peine le désir des applaudtssements , ;mais l'idée du lucre. Non; il sera presque toujours modeste, souvent très timide, timoré même. Mais il sera cuirassé d'un triple airain, et les conseils les plus alarmistes, les plus effarouchants .(dans le genre des miens, par exemple), resteront sans prise sur lui, n'ébranleront pas ses convictions intimes, ne changeront rien à sa ligne de conduite, car LE GENTE EST INDOMPTABLE. Celui-là ira droit son chemin, négligeant d'entendre tout avis des maladroits bienveillants qui voudraient tenter de l'en détourner ; il marchera contre vents et marées; il souffrira, s'il le faut, toutes les privations, indifférent aux soucis de la vie matérielle, il subira avec courage échecs et déboires, luttera contre les persécutions, les partis pris et les mesquines coteries d'école, ayant toujours pour objectif unique, non pas la gloire, qui doit venir toute seule, et après non pas le succès, qui est éphémère; non pas la fortune, qui est méprisable, mais
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seulement son méat, personnel, c'est-à-dire ce qui résume pour lui, selon sa conception propre, le beau, et après le beau, le plus beau 1 I I La GÉNIII EST FATAL, et jamais puissance humaine n'eût été capable d'enrayer la marche du pauvre et grand Mozart dans la voie glorieuse qui devait conduire à la fois son corps à la fosse commune et sa mémoire à l'immortalité
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