Conservatoire et enseignement
Retour à l'index la-basse.eu
'Jamais l'art musical n'a été. en la personne de ses plus hauts représ'entants, l'objet de tant d'honneurs de la part des gouvernements, honneurs qui ont été vivement res sentis par les musiciens même les plus humbles, tels les soldats qui voient décorer le drapeau de leur régiment.
gn tant que directeur du Conservatoire, l'illustre doyen dent aol)positeurs français a sous ses ordres directe tout
LB CONSERVATOIRE 561
un personnel administratif, à la tète duquel est placé M. Émile Réty, chef du secrétariat; austère gardien du règlement, fonctionnaire impeccable et d'un dévouement sans bornes, M. Réty est de plus un fin lettré musical, possédant toutes les compétences techniques, et il n'y a rien d'exagéré à voir en lui l'd,ne actuelle du Conservatoire, où d'ailleurs il est né, en 1833, et où son père exerçait déjà des fonctions administratives.
Les services signalés qu'il a rendus à notre école nationale, comme à l'art musical français, ne se comptent pas, et seront mieux appréciés dans l'avenir.
Le sous-chef du secrétariat est aussi un véritable musicien :
Lhôte (Albert) (1828), né à Paris.
Élève d'Alard, El wart, Morin et Leborne, a produit des oeuvres estimées, notamment une Messe à 3 voix (Saint-Eustache, 1857), un Trio, piano, violon et violoncelle, un assez grand nombre de mélodies pour violon ou pour chant, des morceaux de piano, etc.
11 a renoncé à la composition pour entrer, en 1872, dans l'administration du Conservatoire, à l'enseignement duquel il a donné un excellent recueil de Leçons de solfège.
Le Bibliothécaire actuel, qui a eu pour principaux prédécesseurs : l'abbé Roze (de 1807 à 1819); Fétis, bibliothécaire honoraire (de 1828 à 1823); Bottée de Toulmon, bibliothécaire bénévole (de 1832 à 1850); Berlioz (d'abord bibliothécaire adjoint en 1839, puis avec le titre de conservateur de 1840 à 1869); enfin Félicien David (de 1869 à 1876); c'est l'aimable et obligeant Weckerlin qui par le fait exerce ces fonctions depuis 1869; jusqu'en 1876, il était censé adjoint, mais en vérité portait toute la charge; depuis cette époque, il est le titulaire officiel.
Weckerlin (Jean-Baptiste-Théodore (1821), né à Guebwiller
(AleaCe).
Élève d'Elwart pour l'harmonie, d'Halévy pour la composition et de Ponchard pour le chant, aussi délicat musicien qu'i:a-ndit bibliophile, il e beaucoup produit dans toue les genres.
562 LES GRANDES ÉTAPES DE L'ART MUSICAL
Å’uvres principales : Messe de Sainte-Cécile; Messe à 4 voix d'hommes ; Messe à 3 voix de femmes; Messe à 2 voix égales; 76 pièces d'Église, O salutaris , Offertoires, etc.; 14 Opéras, et 14 Pièces de salon; 8 Odes-symphonies, dont les Poèmes de la mer, l'Inde, Samson, la Pète d'Alexandre; Symphonie de la (or*, Petite symphonie en mi b, des Suites d'orchestre, 3 Ouvertures, une grande quantité de Pièces à 2 mains ou de Suites à 4 mains pour piano; environ 400 Mélodies, 43 Chœurs pour jeunes filles, 39 Choeurs et Scènes avec orchestre : la Caravane, Prométhée, Elsa, etc.
Le COngertiateur du musée instrumental, fondé en 1861 par l'acquisition de la collection personnelle de Clapisson,
est, depuis 1886 :
Pillant (Léon) (1833), né à Lagny.
Son prédécesseur, Gustave Chouquet (conservateur de 1871 à 1888), avait dressé un Catalogue de cette belle collection ; il l'a complété par un petit ouvrage intitulé : fer Supplément au catalogue de 1884, avec une préface expliquant l'intérét qui s'attache aux systèmses exotique.; il e aussi publié un livre intitulé : Instrumente et musiciens, et collaboré à l'Exposition des sciences anthropologique! en 1889.
Dans des fonctions plus modestes, nous avons encore des érudits, des travailleurs sérieux :
Pierre (Constant) (1855), commis principal, né à Passy.
Auteur d'un nombre déjà considérable d'ouvrages documentaires concernant la facture instrumentale et l'histoire de la musique sous la Révolution française; du recueil des Noëls populaires; de la Marseillaise (comparaison des différentes versions); de Vilistoire de l'orchestre de l'Opéra et de beaucoup d'articles pleins de recherches publiés dans divers journaux de musique.
Tiersot (Julien) (1857), bibliothécaire adjoint, né à Bourg.
En dehors de plusieurs oeuvres orchestrales ou vocales, il e fourni à la littérature musicale : l'Histoire de la Chanson populaire en France; Rouget de Lisle, son oeuvre, sa vie; Musiques pittoresques; et de nombreux articles sur l'histoire de la musique dans divers journaux ou revues; comme aussi plusieurs recueil. des Mélodies populaires des provinces de Francs, harmonisées par lai.
L'INSTITUT 563
Le seul personnage étranger. à l'art est M. Lamy, un ancien militaire, chargé de la surveillance des classes, du maintien de l'ordre et du respect de la discipline, ce qui n'est pas toujours une sinécure, bien que l'élève du Conservatoire soit en général moins turbulent que beaucoup d'autres étudiants.
Tel est ce qu'on pourrait appeler l'état-major administratif du directeur du Conservatoire.
Après cette longue parenthèse, revenons aux membres actuels de la section de musique de l'Institut.
Reyer (Ernest) (1823), né à Marseille.
Les principales grandes oeuvres de Rayer sont, dans leur ordre de production : le Salam (1850), Maar* Wolfram, Sacountala, ballet, la Statue, Erostrale, Sigard, Salamrnb6, toutes de grande envergure, de haute et. imposante allure, portant l'empreinte d'une sincère et respectable conviction artistique, dans lesquelles on retrouve à chaque page in signature de l'auteur.
Son seul professeur parait avoir été sa tante, M°• Parrenct, une grande musicienne qui n'a jamais été appréciée à sa véritable valeur, et qui est absolument oubliée aujourd'hui; elle a pourtant laissé un nombre considérable d'oeuvres importantes, symphoniques ou instrumentales, de la musique de chambre surtout, et il est facile de concevoir qu'elle ait pu mener à bien, à elle seule, l'éducation musicale la plus élevée.
Toutefois, on ne retrouve rien de sa manière rigoureusement classique dans le style de son illustre élève et neveu, qui parait plutôt se rattacher à l'école de Berlioz, avec lequel il vécut dans la plus grande intimité, et pour lequel il e toujours professé la plus haute admiration. C'est en ce dernier qu'il doit lui-marne reconnaltre son véritable initiateur.
Membre de l'Institut en 1876.
Massenet (Jules) (1842), né à 51ontaud (Loire).
Cet infatigable et fécond producteur, l'une des gloires les plus éclatantes et les plus universelles de l'école française, obtint le grand prix de Rome en 1863, dans la classe d'Ambr. Thomas, après avoir eu Reber pour professeur d'harmonie.
Depuis cette époque, et pour ainsi dire sans désemparer, il s
le• fearrene s été professeur de piano au Conservatoire. de 1842 à I874.
564 LES GRANDES ETAPES DB L'ART MUSICAL
produit la merveilleuse série d'ouvrages que l'on sait, dont js ne puis nommer ici que les plus saillants, en m'efforçant toutefois de suivre l'ordre chronologique :
Don César de Hasan, op.-c., 3 actes (1872). — Marie-Magdelaine, drame sacré (1873). — Les Rrynnies (pour la tragédie de Leconte de Lisle) (1873). — Here, mystère (1875). — Le Roi de Lahore, grand op., 5 actes (1877). — La Vierge (1880). — Hérodiade, grand op., 3 actes (1881). — 'Renon, op.-c., 5 actes (1884). — Le L'id, grand op., 4 actes (1885). — Esclarmonde, op. romanesque, 4 actes. (1889). —Le Mage, gr.-op., 5 actes (1891). — Werther, drame lyrique, 4 actes (1892). — Thaïs, comédie lyrique, 3 actes (1894). — Le Portrait de àfanon (1894). — La Navarraise (1894).
Plus : 7 suites d'orchest;e, Riblia, Narcisse (pour soli, chceurs et orchestre), plusieurs recueils de Mélodies presque toutes célè• bres : Poèmes d'amour, d'Avril, du Souvenir, d'Octobre, Pastoral, d'Hiver, et une infinité d'autres jolies ou belles choses
Il a été nommé professeur de composition an Conservatoire et membre de l'Institut au cours de la méme année, en 1878.
Saint-886ns (Camille) (1835), né à Paria.
Eut pour maîtres Stamaty pour le piano, Maleden et Halévy pour l'harmonie et la composition, Benoist pour l'orgue.
Ses premiers succès furent des triomphes de pianiste, puis il acquit rapidement une haute réputation de savant organiste. C'est avant tout un prodigieux et incomparable improvisateur.
11 e écrit dans toue les genres avec une égale facilité; j'énumérerai seulement ici ses oeuvres les plus célèbres :
Musique de chambre : 2 Trios ; un Quatuor; un Quintette; un Septuor (avec trompette); ccuvres symphoniques : 3 Symphonies, dont la troisième, en ut min., est peut-être le chef-d'oeuvre d'orchestration le plus parfait qui existe; 4 Poèmes symphoniques le Rouet d'Omphale, Phaéton, la Danse macabre, la faunesse d'Hercule; Marche héroïque à la mémoire de Henry Regnault (qui fut écrite pendant le siège de Parie et s'appela d'abord: la Délivrance); 4 Concertos pour piano, 3 Concertos pour violon, 1 Concerto pour violoncelle; Tarentelle pour flûte, clarinette et orchestre; Suite algérienne.
Pour l'Église : Messe de Requiem, Messe solennelle, Ave verum. chœur à 4 voix; psaume Ceeli eaarrant.
Dans le genre oratorio ou cantate: Oratorio de Noêl, les Noces de Prométhée (pour l'Exposition de 1887); le Déluge; la Lyre et la Harpe.
Pour le théâtre enfin : la Primasse Jaune (1872); Samsoa et Dalila (1878); le Timbre d'Argent (1877); Étienne Marcel (1879); Henry VlI1(1883); Proserpine (1887); Ascanio (1890); Phryné(1893).
3to ne parle même pas d'une quantité prodigieuse de morceaux
L'INSTITUT 566
de piano, ou à deux pianos, de ses recueils de mélodies. Sa facilité d'écriture tient du prodige.
Retour à la-basse.eu