Changer les micros de ma basse
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Enfin, à l' Opéra-Comique, dont l'orchestre, après avoir mérité d 'être considéré comme le plus parfait de Paris, avait vu son prestige notablement amoindri, nous avons un vaillant et consciencieux musicien :
Danbé (Jules) (1840), né è Caen.
Élève de Girard impur le violon et de Savard pour l'harmonie, il fit ses premières armes comme chef d'orchestre sons la direction de Musard, qui plusieurs fois, lorsqu'il était encore tout jeune, lui avait confié le bâton de commandement.
En 1871, avec un orchestre peu nombreux, mais dont la composition était exquise, il fonda de petits concerts symphoniques qui eurent lieu d'abord à la salle Herz, puis an Grand-Hôtel; en 1876, on le voit chef d'orchestre du Théâtre-Lyrique (Gaieté), et en 1877 il monta au pupitre de l'Opéra-Comique; il e su élever cet orchestre à une hauteur et à une perfection d'exécution jusqu'alors inconnues, môme dans ses plus beaux temps.
Depuis 1876, il a comme lieutenant, avec le titre de 2°'• chef d'orchestre, M. Henri Vuillard, et depuis cette année (1895) M. Gia [Inini, avec le titre de 3• chef.
En relisant cette nomenclature, je constate avec regret, mais sans étonnement, qu'elle réunit deux qualités négatives : elle est à la fois longue et incomplète. Il n'en pouvait être autrement : si j'ai voulu d'un côté montrer que l'école française n'avait rien à envier comme vitalité aux écoles étrangères, je n'ai pu, d'autre part, avoir la pensée de donner la liste complète des artistes de valeur, et parmi ceux que je semble avoir oubliés se trouvent de mes meilleurs amis.
Mais cette énumération, malgré ses lacunes, nous a fait pénétrer progressivement jusqu'au coeur de l'école moderne, si bien que, l'histoire de la musique se trouvant ainsi faite par relie des musiciens, nous n'avons plus à définir les tendances actuelles.
Aussi, en ce qui concerne les contemporains absolus, le lecteur voudra bien me permettre une extrême sobriété d'appréciations. Sans cela je craindrais de tomber trop souvent dans de lourdes erreurs, quo je lierais ensuite le
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premier à déplorer. A mon sens, ce n'est que lorsqu'un artiste a terminé sa carrière qu'on peut, en embrassant son oeuvre entier, en voyant jusqu'où il a su s'élever, se permettre timidement de lui assigner en quelque sorte un rang dans la hiérarchie musicale. Je craindrais aussi de me iaisser entraîner par des considérations de sympathie personnelle, qui m'enlèveraient l'indépendance nécessaire; puis, avant tout, je désire ne pas faire acte de critique, ne me reconnaissant pas qualité pour Cela. On ne trouvera donc, à partir d'ici, sauf de rares exceptions, que des noms, des dates, et des faits précis.
I. — Les Contemporains.
Une École qui a pu avoir la douleur de perdre, en moine de vingt ans, des gloires aussi pures que celles de Gounod, Franck, Lalo, Delibes, Guiraud et Bizet, n'accuse certes pas une période de déclin; aussi cette brillante série se continue-t-elle de nos jours, et l'école française peut s'enorgueillir à juste titre de compter dans ses rangs des maîtres comme: Ambroise Thomas, Reyer, SaintSaens, Massenet, Paladilhe, Théodore Dubois, membres de l'Institut' ; Victoria Joncières, Widor, Weckerlin„ Alph. Duvernoy, Pugno, Lepot-Delahaye, Diaz, Vincent d'Indy, Fauré, S. Rousseau, Boellmann, Messager, Bruneau, William Chauma, À. Coquard, Chausson, Missa, de Boisde ffre, Albert Calter:, Canoby, Gouvy, de la T'ombelle, Ch. René, Chapuii, M' la comtesse de Grandval,Mn° Aug. Ramés. M"° Chaminade, dont !es noms ont figuré sur les affiches de l'Opéra, de l'Opéra-Comique ou dans les programmes des grands concerts symphoniques, comme aussi ceux qui ont.été tout d'abord mis en lumière et désignés à l'attention du public par le premier grand prix de Rome :
1. Voir p. 555, les nolises concernant Ici membres de l'Institut.
LIU CONTRMPORALNS
Boulanger, Gastinel, Deffès, Ad. Barthe, Bourgault-Ducou dray, Lenepveu, Pessard, Ch. Lefebvre, Maréchal, Sal vayre, Paul Puget, les frères Hillemacher, André Worm. ser, Véronge de la Nus, Georges Me, Pierné, Marty, Vidal, Xavier Leroux, Charpentier, Erlanger, etc., pour ne nommer que les plus souvent applaudis.
Certains d'entre eux ont déjà pris rang parmi nos gloires nationales, et plusieurs sont en passe de devenir des mattres à leur tour. Entre leurs mains est placé l'honneur du drapeau, et ils sauront le défendre.
Si un certain nombre de compositeurs légers et spirituels, tels que Lecoq, Audran, Jonas, Planquette, Serpette, Banès, Vasseur, Varney, Victor Roger cultivent, sous le vocable d'opérette, un genre aimable assez voisin de ce que fut jadis l'opéra-comique, nous avons aussi, voués au style sacré, de grands improvisateurs comme Th. Dubois, Widor, Guilmant, Gigout, Boellmann, Fissot, Pugno, Dallier, Sergent, Loret„S'amuel Rousseciu, Pierné, Galeotti, etc.
Outre les noms qui précèdent, il nous faut encore citer, parmi ceux qui paraissent s'être particulièrement adonnés au genre symphonique, ou encore au genre, de nature plus intime, de la musique de chambre : Ch. Dancla, Sauzay, Mathias, Garcia, G. Pfeiffer, Taudou, E. Bernard, Thomé, de Maupeou, Claudius Blanc, Paul Lacombe, Perilhou, Chevillard, Dolmetsch, puis des pianistes de premier ordre, à la fois professeurs et compositeurs : d'abord Marmontel (qu'on pourrait bien appeler le père de notre génération actuelle de pianistes, car tous ou presque tous, depuis Planté jusqu'à Delafosse, en passant par Jules Cohen, Wieniawski, Diémer, Fissot, Alph. Duvernoy, Lack, Thomé, Wormser, Galeotti, comme aussi Bizet, Paladilhe, Th. Dubois, Guiraud, Delahaye, Bourgeois, Bellaigue, Pierné, Ch. René, font partie de la légion de ses disciples); Ravina, Ch. Delioux, Mathias, Ch. de Bé-
Me LES GRANDES ETAPES DE L'ART MUSICAL
riot, Alph. Duvernoy, Delaborde, Georges Pfeiffer, Diémer, Fissot, Pugno, dont la plupart ont occupé ou occupent encore avec autorité des chaires au Conservatoire, et se sont fait fréquemment applaudir, soit comme exécutants, soit comme compositeurs dans les grands concerts symphoniques; Colomer, Th. Lack, Thomé, Wormser, Adolphe David, Antonin Marmontel fils, et la brillante phalange des jeunes pianistes virtuoses : J. Philippe, Falcke, Falkenberg, Delafosse, Risler, sans parler de ces deux admirables artistes, Mme de Serres (Caroline Rémaury) et Francis Planté, qui veulent bien encore prêter parfois leur prestigieux concours, à titre d'amatéurs, à des oeuvres de bienfaisance ; parmi les intrumentistes, de grands ar tistes comme : Sarasate, Marsick, Rémy, Nadaud, Berthe- lier, Paul Viardot; La forge, van Wcefelghem; Delsart, Loys, Rabaud, Cabassol, Cros-Saint-Ange; Hasselmans; Ta ffanel, Hennebains, Gillet, Turban; Garigue, Brémond, etc...
Bien entendu, je n'ai pas la prétention de les nommer tous, ce livre n'étant ni un annuaire ni un dictionnaire biographique; je ne cherche qu'à donner, au moyen de quelques noms choisis parmi les plus connus, la physionomie musicale de notre époque, comme je l'ai fait à l'égard des siècles passés, c'est-à-dire superficiellement.
Les plus saines traditions de la déclamation lyrique sont conservées et transmises par les chanteurs à jamais illustres qui ont nom :Guibert Duprea, Faure, Viardot, Mn" Carval/io, Mme Krauss, Auguez, l'un de nos plus beatix chanteurs d'église ; et enfin, pour pourvoir à l'avenir, on peut avoir pleine confiance en de savants et dévoués professeurs comme le sont mes collègues du Conservatoire, en tous points dignes de leurs éminents prédécesseurs.
A leur tète comme à la tète de l'école française toute entière se placent les illustres membres de la section de 'musique de l'Institut, parmi lesquels se dresse, appelant
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elle tous les respects, la grande et vénérable figure.
d'Ambroise Thomas.
Thomas (Ambroise) (1811), né à Metz.
Commença l'étude du solfège d l'âge de quatre ana, sous la direction de son père , et vers sept ans celles du piano et du violon.
En 1828, sous la direction de Cherubini, il fut admis comme élève au Conservatoire, dont il est aujourd'hui le chef alla gloire, et il y suivit l'enseignement de Zimmermann pour le piano, de Dourlen pour l'harmonie, et de Lesueur pour la composition; toutefois, il faut considérer surtout comme ayant été ses vrais maîtres Kalkbrenner pour le piano et Barbereau pour le contrepoint et la fugue.
C'est d'ailleurs en qualité d'élève de Lesueur et Barbereau qu'il obtint, en 1832, le grand prix de l'Institut, avec la cantate Hermann et Kelly.
De son séjour à Rome il rapporta une Messe de Requiem; à la même époque se rattachent un Quatuor et un Quintette pour instruments à cordes (1833-1836).
Dès lors commença l'étonnante période de production d'oeuvres dramatiques par laquelle se manifesta la prodigieuse fécondité de notre illustre maitre :
La Double Échelle, op.-c., 1 acte (1837). — Le Perruquier de la Régence, op.-c., 3 actes (1838). — La Gipsy, ballet en 2 actes à (1839). — Le Panier fleuri, op.-c., 1 acte (1839). — Carling, op.-c., I actes (1840). — Le Comte de Carmagnola, grand op., 2 actes (1841). — Le Guerrillero, grand op., 2 actes (1842). — Angélique et Médor, op.-c., I acte (1843). — Mina, op.-c., 3 actes (1843). — Betty, ballet en 2 actes (1846). —.Le Caïd, op.-c., 2 actes (1849) • — Le Songe d'une nuit d'eté, op.-c., 3 actes (1850). — Raymond, op.-c., 3 actes (1851). — L'a Tonelli, op.-c., 2 actes (1863). — La Cour de Célimène, op.-c., 2 actes (1854). — Psyché, op.-c., 8 acte. (1857). — Le Carnaval de Venise, op.-c., 3 actes (1857). — Le Roman d'Elvire, op.-c., 3 actes (1860). — Mignon, op.-c., 3 actes(1866). — l'amict, grand op., 5 actes (1868). — Gille et Gillotin, op.-c., I acte (1874). — Françoise de Rimini, grand op., 5 actes (1882). — La Tempête, ballet en 2 actes (1889) I.
A ces grandes oeuvres théàtrales , il convient d'ajouter une cantate qui fut exécutée en 1876 à Rouen, aux fêtes du centenaire
. En collaboration avec Benoiet.
2. Je crois pouvoir affirmer qu'ici se trouve imprimé pour la première fois le catalogue integrel de l'ceuvre dramatique d'Ambroise Thomas.
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de Boieldieu : Hommage d Boieldieu; une Messe solennelle (1857); une Marche religieuse pour grand orchestre (1865); des Motets, une très grande quantité de Mélodies, de Romances, dont l'auteur lui-même ignore le nombre, comme aussi des grands Choeurs Orphéoniquea importants et développés, véritables oeuvres, dont beaucoup sont célèbres; je n'en puis nommer que quelques-une: Le Tyrol, La Nuit da Sabbat, Le Carnaval de Rome, Le Chant des Amis, L'Atlantide, France, qui ont puissamment contribué à élever le niveau intellectuel musical des masses, comme è populariser le nom de l'auteur.
Le vénérable directeur de notre Conservatoire, avant d'être appelé à cette haute fonction, qui en fait le chef officiel de l'école française, avait professé dans le même établissement, de 1856 à 1870, le contrepoint, la fugue et la composition; parmi les élèves, dont plusieurs devenus célèbres, formés par son enseignement, 'je ne citerai que ceux qui se sont vue couronnés aux concoure de l'Institut : Th. Dubois (1861), Bourgault-Ducoudrey, Massent, .Sieg, Ch. Lefebvre, Salvayre (1872).
C'est en 1871, après avoir vaillamment rempli ses devoirs de citoyen pendant le siège de Parie, où je l'ai vu monter la garde avec la croix de Commandeur sur sa vareuse de garde national. qu'il fut nommé directeur du Conservatoire.
Membre de l'Institut depuis 1851, Ambroise Thomas est le premier musicien qui ait jamais été élevé à la haute dignité de Grand-Croix de la Légion d'honneur, ce qui eut lieu le 16 mai 1894, à l'occasion de la millième représentation de Mignon à l'Opéra-Comique.
Peu de mois après, le 16 octobre, son illustre ami Verdi, qui venait d'être élevé à la même dignité, lui apportait, de la part du roi d'Italie, le grand cordon des Saints-
Maurice-et-Lazare, l'équivalent italien de notre Légion
d'honneur.
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