Aria, une super marque de basse
Retour à l'index la-basse.eu É
& Ces deux éléments nouveaux complètent l'ensemble nécessaire à la formation du style dramatique, dont Montéverde est considéré comme le vrai créateur, et que nous allons bientôt voir se développer avec rapidité.
En 1581, Vincent Galilée, père de l'illustre astronome, pénétré d'une vive admiration pour la tragédie grecque, tenta de la ressusciter en faisant chanter individuellement les personnages (on n'a pas oublié que jusqu'alors, aussi bien dans les madrigaux que dans les mystères, le chant était toujours choral ou collectif, à trois, quatre, cinq parties); il appelait ce genre nouveau monodie, et c'est l'origine du récitatif, de la déclamation lyrique. Ce fut aussi un grand théoricien et un savant organiste: Le tube de la première lunette construite par son fils, qui fut, on le sait, l'inventeur des lunettes astronomiques, n'était, parait-il, autre chose qu'un ancien tuyau d'orgue, hors de service, auquel il avait adapté des lentilles grossissantes.
Un ouvrage spécial pourrait seul prétendre à énumérer toue les grands musiciens du xvii° siècle dont le re-
L'OPgRA 471
nom nous est parvenu; je ne puis songer ici qu'à en citer quelques-uns parmi les plus illustres.
Carissimi (1604 -1.1674), né à Marino, près de Rome
Grand nombre de messes, d'oratorios, de cantates, de motets,
. et quelques pièces légères et comiques. Son style est plus animé, plus vivant et plus gracieux que celui de ses contemporains, et • exercé une grande action sur l'évolution musicale.
Cambert (1628? ± 1677), né.ii Paris.
L'un des fondateurs de l'Opéra français. Il partagea avec l'abbé Perrin le privilège de l'Acaddmie royale de musique t, lors de sa
création, en 1669, et eut pour successeur Lully, en 1672. Principales œuvres • la Pastorale et Pomone.
Vers 1645, Mazarin avait introduit en France le goût de la musique italienne, événement à noter en raison de l'importance qu'il prendra par la suite. Relativement peu après, en 1659, Cambert fait entendre à Vincennes, devant 'le roi, sa Pastorale écrite en_ collaboration avec l'abbé Perrin; en 1669, ils firent jouer avec un éclatant succès leur Pomone. C'est alors qu'ils obtinrent le privilège d'ouvrir un théâtre, situé rue Mazarine, qui fut le berceau de l'opéra actuel, ou au moins la première tentative de ce genre en France.
Cambert et Perrin ne conservèrent pas, longtemps leur privilège; ils en furent dépossédés par Lully, un rusé Florentin, d'ailleurs plein de valeur et d'une rare sagacité artistique.
Lully s (1635 +1687), né à Florence.
Célèbre comme compositeur et comme fondateur de l'Opéra français, bien qu'il y ait eu Cambert comme prédécesseur ; mais, doué d'une nature intrigante, très en faveur auprès de Louis XIV, et possédant, sinon du génie, au moins un grand talent, à une époque où aucun compositeur aramatique n'existait en France,
1. Il a existé un troisième associé, le marquis de Sourdéac, qui s'occupait spécialement des décors.
2. On écrit généralement Lully : lui-mène signait ainsi ; mais son origine italienne démontre que cette orthographe était de pure fesiteiale et que son vrai nom devait s'écrire Lulli.
U7 LES GRANDES ÉTAPES DS L'ART MUSICAL
il triompha aisément et obtint du roi tontes les charges et toua les honneurs qu'il put désirer.
Il était de naissance gentilhomme florentin, ce qui n'empêche qu'il fit son entrée en France comme simple marmiton chez M"• de Montpensier, , vers l'âge de treize ans ; chassé de cette maison pour acte d'ingratitude, il trouva le moyen de se faire admettre dans la'bande des violons du roi, de s'y distinguer comme compositeur, et d'être chargé de diriger une nouvelle bande, dite des Petits violons, qui devint très supérieure à l'ancienne ; il avait alors dix-neuf ans. Ce trait donne bien la note et de son caractère et de son talent. Sa vie ne fut qu'un tissu d'indélicatesses, d'avarice et de brutalités, sans parler des moeurs, qui n'étaient pas brillantes ; mais il conservait la faveur I
S'il était peu estimable comme homme, il faut le juger tout autrement comme artiste, car il importa chez nous tons les éléments constitutifs d'un art qui y était inconnu, et d'où est sorti l'opéra actuel.
Il écrivit une vingtaine d'opéras, dont Q;dfnauil fournissait le livret, et qu'il faisait orchestrer, d'une façon primitive, par des élèves; des oeuvres importantes de musique religieuse; la musique de la plupart des ballets de Molière, où il dansait à l'occasion (le Roy y dansoit bien!), et une quantité de pièces instrumentales, danses, divertissements, morceaux de circonstance, qui contribuaient à le maintenir bien en cour.
Comprenant que le caractère français recherche et apprécie avant tout la clarté, la simplicité et le sentiment juste de l'expression, il sut abandonner à leur profit l'ornementation. surabondante du style italien d'alors, et créa des ouvrages encore intéressants aujourd'hui, qui brillent surtout par la vérité de la déclamation.
Alceste, Thésée, Persée, Armide, sont ses oeuvres principales. Il est considéré, à tort, par le fait de l'élimination de Cambert, comme le créateur de l'opéra français.
Vinrent ensuite Campra (1660 t 1.738), né à Aix, créateur de l'opéra-ballet, qui produisit Hésiode, Idoménée, les Fétes vénitiennes; Destouches, avec le ballet des Rie-. menés; Charpentier, Colasse, Marais, Lalande, Desmarets, puis enfin le grand Rameau.
Rameau (lean-Philippe) (16$3 1764), né à Dijon.
Bien qu'ayant manifesté dès.son enfance dee aptitude. "ploie
L'ART RILIGIREIX 473
lss pour la musique et tout ce qui la touche, ce n'est guère avant l'âge de trente-quatre ans que les circonstances lui permirent d'entrer dans la carrière. Il fut d'abord organiste à Lille, puis à la cathédrale de Clermont.
C'est là qu'il élucubra son système d'harmonie, basé sur l'idée dé la basse fondamentale, qui a en et a encore une grande importance en ce qui concerne la structure harmonique. Ce système contenait des défauts aujourd'hui évidents pour tous les musiciens, mais il n'en était pas moins rceuvre d'un homme de génie.
Il a écrit sur ce sujet de nombreux ouvrages didactiques.
Comme compositeur, il a laissé beaucoup d'œuvree célèbres, parmi lesquelles on peut citer : Hippolyte et Aride, les Indes galantes, Castor et Pollux, Dardanos, et de nombreuses pièces de clavecin fort intéressantes.
Il était déjà âgé de cinquante ans lorsque son premier ouvrage fut joué à l'Opéra ; mais en vingt-sept ans on en représenta vingt- deux, plus ou moins importants, presque toujours avec succès,
Toutefois, et malgré cette vogue, il considéra toujours ses ouvrages théoriques comme son plus beau titre de gloire.
A citer encore :
Lotti (vers 1667 -1.1740), né à Hanovre, de parents vénitiens.
Organiste, puis maitre de chapelle à Saint-Marc de Venise, de 1704 à sa mort. On connaît de lui des Opéras, des Madrigaux, des Messes, et beaucoup de musique religieuse.
Durante (F.) (1684 f 1755), né dans le royaume de Naples.
Élève de Scarlatti, fut considéré en son temps comme un chef d'école et produisit des élèves tels de Paisiello , Piccinni et Sacchini. Il a écrit principalement de la musique d'église.
Marcello (Benedetto) (1886 +1739), né à Venise.
Noble seigneur vénitien, pendant longtemps membre du conseil des Quarante, il est surtout connu musicalement par de splendides Psaumes pleins de majesté et de foi chrétienne; aussi par quelques pièces de musique instrumentale, dee madrigaux et de. chansons. Son sentiment musical réprouvait les exagérations de fioritures et ornements de tout genre que l'art du bel canto répandait à profusion, au détriment de la sincérité expressive.
Je ne sais pourquoi Berlioz, dans ses Grotesques de la musique, a jugé à propos de le tourner en ridicule, au sujet du splendide psaume : I dell immensi narrano, dans lequel il voit n une chan. son de marchands de boeufs revenant de la foire (I) ». ^ ne mé Malt vraiment pas cela
LBS GRANDES ÉTAPES DB L'ART MUSICAL
Porpora (1686 t 1767), né à Naples.
Remarquable maitre de chant et auteur de très nombreux opéras oubliés, dont il n'y e aucun intérét à connaître les titres. Il eut pour élèves notamment deux des plus célèbres castrats, Caffarelliet Farinelli, et e joui d'une grande réputation. Il a aussi écrit de la musique sacrée.
Leo (1694 t 1746), né dans le royaume de Naples.
L'un des plus grands mattres de l'école italienne. Opéras, oratorios et musique sacrée. Nombreux solfèges.
et parmi les compositeurs exclusivement voués à la musique religieuse, le mattre de chapelle Dumont (1610 ± i684), né à Liège, auteur des cinq Messes Royales, dans l'une desquelles se trouve le fameux Credo de Dumont, d'un fort beau style, mais déjà archaique à l'époque.
Buxtehude (1635 /- 1707), né en Danemark.
Admirables pièces d'orgue, dont fort peu ont été publiée.; fut célèbre comme organiste.
Couperin (François) (1668 1.1733), né à Paris.
Organiste, claveciniste et compositeur. Nombreuses pièces de clavecin.
11 y e eu plusieurs autres musiciens du mémo nom appartenant à la même famille.
Corelli (Archangelo) (1653 1-1713), né près de Bologne.
Un des plus grands violonistes comme virtuose et comme compositeur. Ses Sonates d'église font l'admiration des connaisseurs.
Tartini (1692 t 1770), né à Pirano.
Possède une triple célébrité comme violoniste, comme compositeur, et comme acousticien, car il tut-le premier à découvrir les sons résultants diférentiels, c'est-à-dire la propriété qu'ont deux sons harmoniques quelconques, rigoureusement justes, de reconstituer et faire résonner leur son fondamental, qu'il appelait le troisième son. Où il eut tort, c'est lorsqu'il voulut édifier sur cette seule découverte tout un système d'harmonie, nécessairement incomplet.
Il e composé de remarquables Sonates pour violon, environ cinquante, dont la plus célèbre s'appelle la Sonate du diable, un très grand nombre de Concertos et des ouvrages didactiques qui ont puissamment contribué aux progrès de l'art du violon.
LA FACTURE INSTRUMENTALE 47i
Mentionnons encore le grand et célèbre chanteur
Stradella (1645 t 1670?), né à Naples,
qui, d'après la légende, a- désarmé les spadassins chargés de l'assassiner, par le prestige de son talent de chanteur et de compositeur. Cela peut être vrai.
[Quant au fameux Air d'église dit de Stradella s Pieta Signore il ne peut en aucune façon lui être attribué, ne correspondant en rien au style de son temps ni au sien propre. Il est infiniment plus moderne. Plusieurs l'ont cru de Rossini. C'est aussi une erreur. J'ai de bonnes raisons pour nommer son auteur : c'est Pais, qui en cette circonstance a fait acte de mystificateur en même temps que de grand artiste.]
aussi Reincke (1623 1- 1722), organiste et claveciniste , Chambonnières, organiste et claveciniste; Froberger (1637t 1695), organiste ; Purcell, compositeur anglais, et les savants théoriciens dom Jumilhac, le P. Mersenne, Hircher et Doni, auquel on attribue la substitution de la syllabe do à la syllabe ut, gênante pour la solmisation ; et enfin quelques facteurs ou luthiers :
Cristofori (1653 +1731), né à Padoue.
Construisit à Florence (vers 1711) un clavecin dite à marteaux • qui précéda de cinq ou six nus l'invention du piano, et peut y avoir contribué indirectement.
Steiner (1620 t 1670), luthier, né à Absom (Tyrol). (Voir p. us.)
Stradivarius (1644 t 1737), hithier, né à Crémone. (Voir p. 157.)
Guarnerius, famille de luthiers du xvir et du va* siècle, originaire de Crémone.
(Voir à l'article Violon, p. 157.)
Ceci nous conduit à constater les nouveaux progrès de la facture effectués à cette époque. Aux instruments, déjà nombreux, cités précédemment, il convient d'ajouter : le Violon, qui dès 1520 avait conquis déjà sa forme définitive et n'a plus subi de perfectionnements depuis Stradivatitis: des Violes de toutes les dimensions et des forme.
US LES GRANDES ETAPES DE L'ART MUSICAL
les plus curieusement variées; la Violette (petite viole); la Viola di braccia (de bras), origine de l'alto; la Viola di gamba (de jambe), origine du violoncelle, mais qui en ce temps avait cinq cordes ; la Viola bastarda; la Trompette marine', instrument monté d'une seule corde très longue, d'un son doux et mélancolique, ce qui fait que ce bon M. Jourdain n'est pas si ridicule qu'on veut bien le croire; il ferait peut-être mieux de dire mélodieux, qu'harmonieux, puisqu'il n'y a qu'une seule corde; mais encore cette corde produit-elle ses harmoniques.
Retour à la-basse.eu