Jaco Pastorius
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1 prix : Chorale autunoise d'Autun, directeur M. Veny. 2° prix : Orphéon de Pantin, directeur M. Porchet.
3° prix : Orphéon de Breloux, directeur M. Airault. é° prix : Union lyrique de Lyon.
5" prix : Galinistes de Melun, directeur M. Bouchard. 8° prix : Choral d'Annecy, directeur M. Perier.
7' prix : Orphéon de Sarcelles, directeur M. Colijn.
8° prix ex nue : Orphéon de Boulogne-sur-Seine , directeur M. Foucart
Choral de Sceaux, directeur M. Quenard.
9° prix : Orphéon de Vitré, directeur M. Duclos.
2° section.
I« prix : l'Avenir de Crest, directeur M. Aubert.
2° prix ex cequo : Orphéon (l'Aubervilliers , directeur M. Cantarel ; Chorale
de Saint-Dié, directeur M. Desmery.
3° prix : Orphéon de Capestang, directeur M. Dieulalé. 4° prix : Orphéon de Vincennes, directeur M. Peny.
5° prix : Orphéon de Vaux, directeur M. Rétif. 6° prix : Orphéon d'Aignan, directeur M. Planté.
To prix : Orphéon de Castelnau-Médoc, directeur M. Arberet. 5° prix : Chorale de Brest, directeur M. Gouzien.
9° prix : Union chorale d'Emmerin, directeur M. Bar.
Ise LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
10° prix': Chorale de Troarn, directeur M. Thieulin.
11° prix : Chorale Stanislas de Lunéville, directeur M. Caspar. 120 prix : Saint-Jacques de Houdan, directeur M. l'abbé Crépin. 13° prix : Chorale de Lusignan.
14° prix : Orphéon de Deuil, directeurM. Léraut.
3° section.
1.° prix : Rozoy-en-Brie, directeur M. Nitot.
2° prix : Orphéon de la Princesse-Mathilde de Saint-Gratien , directeur M. l'abbé Vié.
3° prix : Orphéon de la Reine-Blanche d'Asnières-sur-Oise , directeur M. Lalliaume.
4° prix : Orphéon de Mandres, directeurM. l'abbé Chevalier.
5° prix : Orphéon d'Epernon, directeur M. Lerlru.
6° prix : Orphéon de Courpalay, directeur M. Fourrault.
7° prix : Orphéon de Thiais, directeur M. Desmoulin.
8° prix : Orphéon de Neuilly-sur-Marne, directeur M. Parquet.
4° section.
1°' prix Chorale Chevé de Levallois-Perret, directeur M. Fréchon.
2° prix : les Enfants de la Mer-de-Sérignan, directeur M. Gauthier.
3° prix : Orphéon de Verrières-le-Buisson, directeur M. Camus.
La Société Sainte-Marie de Castelfranc, dirigée par M. Bonafous-Murat , ainsi que le choral de Belleville, dirigé par M. Jouvin, n'ont pu, par des causes indépendantes de leur volonté, se présenter à temps pour prendre part au concours; le jury les a entendus, mais hors classe, et il a été accordé à chaque société une médaille de vermeil.
ORPHÉONS MILITAIRES.
1', prix ex aequo : 1°' régiment des grenadiers, chef de musique M. Magnier; 43° régiment de ligne, chef M. Kakosky.
2° prix : 3° régiment des grenadiers, chef M. Sohier.
3° prix ex mg» : 58° régiment de ligne, chef M. Zwerzina; 1°' bataillon de chasseurs, chef M. Bangraiz.
4° prix : 2° régiment des voltigeurs, chef M. Sellenick.
5° prix : 14° régiment de ligne, chef M. Krebs.
LECTURE A VUE.
PREMIERE DIVISION. - section..
lor prix à l'unanimité : Société impériale de Lille, directeur M. Boulanger.
2° prix ex æquo : les Enfants de Lutèce, directeur M. Gaubert ; les Enfants
de Paris, directeur M. Bollaert.
3° prix à l'unamité : Société Amand-Chevé (de Paris).
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 183
2. section.
prix ex tuque : Choral parisien , directeur M. Minard ; Chorale du Mans , directeur M. iVan Ghèle.
prix à l'unanimité Chorale de Poitiers, directeur M. Puisais.
DEUXIÈME DIVISION.
It. section.
pi' prix ex moue : Chorale de Saint-Dié (à l'unanimité) , directeur M. Des-
mery ; Chorale de Brest (à la majorité), directeur DL Geuzien. 2, prix à l'unanimité : École militaire de gymnastique de Joinville, direc-
teur M. Vigneau.
3e prix : Chorale de Maubeuge, directeur M. Guillet.
2° section.
1« prix : Orphéou de Houdan, directeur M. l'abbé Crépie. se prix : Orphéon de Pantin, directeur M. Porchet. Mention : Chorale de Truste, directeur M. Thieulin.
Nous n'avons pas voulu surcharger cette liste des médailles reçues par chaque Société; mais nous pouvons donner le bordereau de celles qui ont été commandées par la Commission impériale pour les besoins des festivals et des concours orphéoniques. Ce sont :
10 médailles d'or de 36 à fr. 92 fr. 75 c. l'une; ci 927 50
44 médailles de vermeil de 50 à 48 90 l'une; ci 831 60
70 médailles de vermeil de 36 à 47 20 l'une; ci 504 e
4 médailles d'argent de 50 à 16 15 l'une; ci 64 64
4t médailles d'argent de 36 à 5 45 l'une; ci 233 45
400 médailles de bronze aluminium, 50 à 2 l'une; ci 800
TOTAL. 3,361 19
DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES.
Le lendemain, mardi 9 juillet, les vainqueurs de l'Orphéon ont eu l'honneur de recevoir leurs prix au Palais de l'Industrie, sous la présidence de l'Empereur et de l'Impératrice , escortés de la princesse Clotilde, de la princesse Murat, du prince-prélat Bonaparte, qui depuis a reçu le chapeau de cardinal; de Mme la duchesse de Mouchy; de LL. Exc. le maréchal Vaillant, grand-maréchal du palais, ministre de la maison de l'Empereur et des beaux-arts; de Foreade la Roquette,
486 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
ministre du commerce et des travaux publics; Duruy, ministre de l'instruction publique ; cle M. le' comte de Nieuwerkerke, sénateur, surintendant des beaux-arts; de M. le baron Haussmann , préfet de la Seine; de M. Le Play, , commissaire général de l'Exposition, aujourd'hui sénateur. Nous avons aussi remarqué, en costume de membre de l'institut, MM. Ambroise Thomas et Georges Kastner. M. le marquis de Béthisy, , vice-président du comité de l'exécution musicale (2' section) assistait à cette cérémonie avec beaucoup d'autres personnages de distinction.
Sur des banquettes réservées étaient placées les membres des divers jurys orphéoniqties.
L'Empereur est arrivé en uniforme, un crêpe au bras, l'Impératrice et toutes les dames de la cour en grand deuil. Leurs Majestés ont été reçues par le commissaire général de l'Exposition et par Leurs Excellences MM.• le maréchal Vaillant, Duruy, Forcade la Roquette.
La présence du chef de l'État et de l'Impératrice à cette fête du peuple artiste était la plus haute sanction que pût espérer cette institution d'une si incontestable portée morale, et au triomphe de laquelle se sont voués dès son origine tant d'hommes de cceur, tant d'artistes désintéressés.
Ces artistes, modestes pour la plupart, mais dignes et méritants, ont inspiré à cette occasion la réflexion suivante à M. Eugène Tarbé alors écrivait au Figaro :
Tous les ans , on décore, à la suite d'exposition d'reuvres souvent bien faibles, des peintres et des sculpteurs, et cela se fait dans une assez grande proportion.
a De même au 1°.' janvier et au 15 août.
• Les musiciens ne se plaignent pas du dédain dont ils sont l'objet, mais ils souffrent, et j'en connais bon nombre qu'une telle situation décourage.
• Deux ou trois croix bien données eussent fait un plaisir extrême à tout le monde n.
On n'a donné aucune croix à aucun musicien à l'occasion de ces fêtes orphéoniques, mais deux nominations ont eu lieu le jour de la distribution des récompenses aux Sociétés chorale's.
Son Exc. le ministre de l'instruction publique a décerné le titre d'officier d'Académie à M. Émile Guimet, président de l'association du Lyonnais, ainsi qu'à M. Léon Féret, président de la Société du Calvados. Cette distinction, très-flatteuse et très-enviée par tous les hommes voués à l'enseignement, avait été précédemment accordée à
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 485
M. de la Fontaine, président de l'association des Sociétés chorales de la Seine, et à M. Laurent de Billé, inspecteur de l'enseignement musical dans les lycées et les écoles de la France. Cc sont là autant de marques d'estime qui , en récompensant des hommes de mérite, témoignent de l'intérêt que porte au développement de l'art musical populaire le ministre de l'instruction publique M. Duruy, à l'esprit libéral duquel nous ne cesserons de rendre hommage.
Le défilé des bannières a eu lieu avec le plus grand ordre devant Leurs Majestés.
On avait eu l'heureuse idée de réunir en tête du cortège les différents groupes sociaux parmi lesquels se recrute l'Orphéon.
C'était d'abord les ouvriers composant la Société de Neuville-surSaône, dont M. Guimet, un riche manufacturier Lyonnais, est le dévoué directeur.
Puis quelques habits noirs représentant la bourgeoisie.
Venaient ensuite quelques ecclésiastiques.
Des soldats choisis dans l'artillerie, la ligne, la cavalerie, la marine complétaient cet ensemble véritablement pittoresque.
Après le défilé, les bannières ont été placées en face du trône, et plusieurs choeurs ont été chantés par les sociétés victorieuses.
Le directeur de la Société impériale de Lille a reçu une couronne d'or des mains de l'Impératrice, et c'est l'Empereur qui a offert lui— même le prix exceptionnel et hors concours voté par le jury à la société anglaise. Une gracieuse miss, accompagnée par Laurent de Gille , s'est avancée en rougissant jusqu'auprès de l'Empereur, qui lui a dit quelques mots en anglais. Puis Leurs Majestés se sont retirées, et c'est sous la présidence du maréchal Vaillant que les autres récompenses ont été distribuées.
IJN DERNIER MOT SUR L'INSTITUTION ORPHÉONIQUE.
Nous sommes de ceux qui comprennent que l'Orphéon est devenu , en France, une force morale considérable. Or, toute action morale est un instrument de progrès si elle ne devient une arme de despotisme. ll s'agit donc d'imprimer à cette force nouvelle une salutaire direction. Mais pour lui imprimer cette direction, il faut nécessairement se former une idée exacte du véritable caractère de cette immense association populaire dont les rapides développements méritent l'attention de tous les esprits.
Il en est de l'institution orphéonique comme de toutes les institu-
480 LÀ MUSIQUE, LES MUSICIENS
fions nées, au sein du peuple, qui se développent et s'imposent par une puissance dont on voit les effets, mais dont il est souvent difficile de définir la cause.
Un-homme de génie dont le nom signifie liberté, justice, patrie, humanité, Jean-Jacques Rousseau, avait dit, après beaucoup d'autres philosophes , que le peuple &armais , si rempli des plus belles qualités, était malheureusement inapte à comprendre la musique, par conséquent à devenir jamais musicien. Des siècles d'observation semblaient confirmer cet arrêt. Et voilà que, tout d'un coup, ce peuple rebelle ou indifférent à Part des sons, se lève des quatre points cardinaux de la France en légions harmonieuses, et proteste par ses chants mêmes contre une opinion devenue universelle.
Cent mille hommes du peuple, de ce peuple antimusicien, sont devenus musiciens en quelques années, et ont cultivé cet art avec passion !
Les politiques à courte vue, — on en compte quelques-uns, et les
philosophes d'occasion , — il en existe , — n'ont trouvé dans ce fait qu'un entraînement de la mode, une manière de sport, un simple divertissement dont il ne sera plus bientôt question. Les hommes mieux avisés ont cherché des raisons sérieuses à un mouvement trop rapide, trop profond, trop étendu pour n'être pas sérieux.
Il y a dans l'admirable et impénétrable économie des lois qui gouvernent le monde, une pondération de toutes les forces vives de la pensée humaine, et une attraction incessante vers le but où nous aimons à nous sentir portés.
Ce but, c'est le vrai avec le beau.
Le vrai, c'est la science.
Le beau, c'est l'art.
La science s'acquiert par le perfectionnement de l'entendement. L'art , — l'art musical surtout, — c'est l'éducation du coeur. Aveugles ceux qui ne voient pas dans l'expansion de l'Orphéon français ce double caractère d'élévation morale.
Moi, je vois autre chose encore dans notre Orphéon, mal défini, mal compris, mis en suspicion par quelques imaginations craintives, toujours promptes à s'alarmer , dans un sens ou dans un autre, dès qu'il s'agit d'initiative populaire : j'y vois la plus saine , la plus généreuse et la plus victorieuse protestation des masses en faveur de l'art honnête, sensé, moralisateur, contre un art extravagant, patroné par
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. IsT
un monde plus extravagant encore; art corrupteur sans volupté, grotesque sans esprit, né de je ne sais quel pénible besoin dé rire 'sans
(lu
'en ait envie de rire, d'applaudir sans enthousiasme, d'extravaguer à froid ; art fiévreux, épidémique; maquillé et dangereux comme tout ce qui est maquillé. Pour engourdir leurs sens et dégrader leur esprit, les Indiens et les Chinois ont l'opium ; les Turcs le hatchist ; l'archipel du Levant a la noix de bétel ; les Péruviens ont la coca ; les Français de la décadence donnent la préférence à des chansons horriblement vulgaires et hébétantes, que je n'ai pas besoin de désigner autrement. Devant ces turpitudes qui causent les délices de l'estaminet et d'un certain monde élégant avili; que fait l'Orphéon? Il médite aux heures laissées libres par le travail, et partage ses loisirs entre la lecture, les cours professionnels et le chant, c'est-à-dire entre les activités de l'esprit et les nobles émotions de l'âme ; car le répertoire de nos Sociétés chorales est aujourd'hui formé d'ouvrages de grands maîtres appartenant à tous les pays.
Voilà le véritable esprit de l'Orphéon. À ce point de vue , il est conservateur, et sa mission prend les proportions d'une mission sociale. Je ne crois point exagérer : ou l'Orphéon est moins que rien, ou il est cela; ou il est un jeu, sans plus de valeur que le jeu de quilles et les courses de chevaux, ou il est un symptôme caractéristique de l'esprit public dans notre pays. Cent cinquante mille hommes du peuple ne s'unissent pas pour le triomphe d'une idée, sans que cette idée soit grande et féconde.
— Rêve creux, me dira-t-on ; l'Orphéon n'est encore qu'une bannière.
Soit; mais sur cette bannière sont inscrits les mots élévation de la pensée, éducation du cœur, amour du beau et de l'honnête ; avec de semblables mots on gagne le monde.
Il faut done se féliciter hautement avec tous ceux qui ont pu être à même d'étudier le véritable caractère de l'Orphéon, de voir les Sociétés chorales se multiplier en France.
Quand le droit de réunion est encore entravé parnos lois, la musique nous le rend ; singulièrement borné , il est vrai, mais mieux vaut se retrouver ensemble pour chanter que de vivre isolé dans la foule. La musique. d'ailleurs, est un stimulant de l'esprit, et il faut bien mal la connaître pour oser dire qu'elle est une cause d'hébétement.
las LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
Un maître de la pensée, Prudhon, a dit : « La musique met des ailes à la pensée.
Quand j'entends mal parler de nos réunions chorales, je suis toujours tenté de demander à ceux qui les dénigrent s'ils tiennent un cabaret, tant l'orphéon est l'ennemi du cabaret, et ces vers charmants de Lachamhaudie me reviennent en mémoire :
Combien de fois, autour de la nappe rougie, On entendit hurler les refrains de l'orgie I L'ouvrier, détonnant à ce diapason,
Perdait tout à la fois son coeur et sa raison. Que fait-il aujourd'hui? La Lécha terminée, Va-t-il au cabaret dépenser sa journée? Vers la leçon chorale en quittant l'atelier, Il marche fredonnant un refrain familier.
Que n'ont pas reproché aux orphéonistes les ennemis systématiques de cette association? Quand ce n'était pas d'aller boire dans l'arrière- boutique du marchand de vin, sous prétexte de répéter des chceurs, c'était leur bonne tenue même, et un gros mot a été lâché contre eux : on les a appelés aristocraties! Va pour aristocrates. Ce mot n'a rien de redoutable aujourd'hui qu'il n'y a plus, en fait de lanternes, que celle de Rochefort, et que personne ne veut plus pendre personne. Aristocrates, les orphéonistes!... Pourquoi pas? Mon ami Tony Révillon l'a dit un jour dans cette Petite Presse don t il a fait la fortune : a Le dix-huitième siècle avait sa bourgeoisie honnête, instruite, dévouée, cet admirable tiers-état qui fit si simplement de si grandes choses. Le dix-neuvième aura l'honneur d'avoir vu naître et se développer une sorte d'aristocratie ouvrière dont l'association est la formule économique, et dont l'orphéon est l'expression dans l'art. » Vous verrez que cette sorte d'aristocratie gagnera tous les coeurs, et que ceux qui n'auront pas de voix pour chanter auront des mains pour applaudir ceux qui chantent.
« L'Orphéon a ses ennemis n, disait un jour en ma présence l'auteur de l'Ouvrière, M. Jules Simon, député de la Seine, en s'adressant aux Enfants de Lutèce, réunis en un banquet fraternel. « Oui , l'Orphéon a ses ennemis; mais qui n'a pas d'ennemis ? Au lieu d'inviter vos amis à VOS réunions, que n'invitez-vous vos ennemis? ils deviendraient bientôt vos plus chers amis. n
Le savant et aimable philosophe avait raison ; les ennemis de l'Orphéon sont ceux qui ne le connaissent pas,
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 189
COMITÉ DE L'EXÉCUTION MUSICALE.
Tnotstim SECTION.
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